Cancer de la vessie : Efficacité prouvée de la chimiothérapie adjuvante
Une équipe japonaise a testé l'intérêt de la chimiothérapie adjuvante dans le cancer de la vessie localement avancé ou avec envahissement ganglionnaire. La conclusion est positive.
Après une cystectomie radicale pour un cancer de la vessie localement avancé ou s'accompagnant d'un envahissement ganglionnaire, l'intérêt d'un traitement adjuvant demeurait sujet à discussion. Les 61 patients sélectionnés pour cette étude présentaient un cancer pT3-4 avec des ganglions (pN1-3) ou pas. Ils ont été inclus entre 1990 et 2012. De ceux-ci, 39 ont reçu du cisplatine après résection et les 22% restants n'ont pas été traités par chimiothérapie. Les chercheurs japonais ont évalué la survie spécifique au cancer et la survie sans récidive dans ces deux groupes.
Survie sans récidive, tendance à l'amélioration
Durant un suivi médian de 29 mois, 40 patients ont développé des métastases ou des récidives, et 56% sont décédés en raison de la récidive du cancer. Le groupe traité par cisplatine a connu une meilleure survie sans récidive que le groupe non traité. Toutefois, la différence n'apparait pas comme significative : 23,7 mois versus 11,4 mois (p=0,154). Il faut noter que le groupe sous cisplatine était significativement plus jeune que l'autre groupe, mais aucune différence n'a été notée en ce qui concerne le stade tumoral, le grade, la fonction rénale ou le taux de chimiothérapie après récidive.
Meilleure survie spécifique à la pathologie
En revanche, la survie spécifique est meilleure pour le bras de traitement par cisplatine : 57,4 mois contre 17,9 mois (p=0,008). L'analyse multivariée montre que l'administration d'une chimiothérapie adjuvante constitue un facteur prédictif indépendant pour la survie sans récidive (HR 0.325, p=0.005) et la survie spécifique (HR 0.186, p<0.001) quelles que soient les marges de résection et l'invasion lymphovasculaire. Dans le sous-groupe préspécifié des patients porteurs de ganglions positifs (n=31), la survie est elle-aussi meilleure grâce à la chimiothérapie. En revanche, les patients sans ganglion positif n'en tirent aucun bénéfice.
Etude positive
Conclusion logique des auteurs : la chimiothérapie adjuvante est efficace après résection complète de la vessie chez ce type de patients, principalement pour ceux présentant un envahissement lymphatique.