Lupus systémique et corticoïdes: ne pas dépasser 7,5 mg /j
Dans le traitement du lupus systémique sévère, des doses de 1 mg/kg de corticoïdes sont recommandées mais l'expérience montre que ces doses ne sont pas anodines. A l'image de ce qui est déjà décrit dans la polyarthrite rhumatoïde, la recommandation est de ne pas dépasser 7,5 mg/j sous peine de problèmes de sécurité d'emploi.
Les corticoïdes font partie intégrante du traitement des manifestations sévères du lupus systémique. On sait toutefois que les doses conventionnelles peuvent s'accompagner d'effets toxiques, rénaux, cardiovasculaires, oculaires etc. Une série de données antérieures suggèrent que des doses < 100 mg/j sont efficaces en association avec des bolus de méthyl-prednisolone dans les situations aiguës.
Ne pas dépasser 7,5 mg/j
Pour évaluer une possible relation entre l'emploi de glucocorticoïdes et des séquelles dans le lupus érythémateux systémique, les auteurs ont constitué une cohorte de 230 patients1 suivis pendant une période de 5 ans. Les séquelles sont calculées sur base de l'index SLICC. Ce sont surtout des ostéonécroses avasculaires, des fractures ostéoporotiques, un diabète de type 2 ou une cataracte. Les doses de prednisolone administrées sont répertoriées selon qu'elles sont inférieures à 7,5 mg/j (faible dose) ou supérieures à 7,5 mg (dose moyenne à élevée). A 5 ans, 82% des patients ont été traités par prednisolone. Les 37,8% de patients qui ont des séquelles à 5 ans ont reçu une dose moyenne quotidienne plus élevée (10,4 versus 6 mg/j, p < 0,001). Le risque de complications apparaît supérieur chez les patients recevant des doses moyennes à élevées par rapport à ceux qui ne prennent pas de prednisolone (OR = 5,39, CI 95% 1,59-18,27). Pour les auteurs, il convient de limiter les doses à 7,5 mg/j associées à des bolus pour réduire le risque de séquelles irréversibles.