Cancer du poumon : un test sanguin pour le détecter avant qu'il ne se voit !
Alors que le cancer du poumon est l'un des plus meurtriers, jusqu'ici on ne pouvait le déceler qu'au moyen de l'imagerie médicale classique, quand le pronostic vital est de l'ordre de quelques mois. Après 20 ans de travail, une équipe de l'Inserm à Nice a trouvé un moyen de repérer des signes très précoces de ce cancer, bien avant qu'il ne soit visible au scanner.
Présenté comme une percée majeure dans le domaine des cancers pulmonaires invasifs et une " première mondiale ", le test révolutionnaire mis au point par les chercheurs français repose sur la détection de cellules tumorales cancéreuses (CTC), dites " sentinelles ", présentes dans le sang.
L'équipe du Pr Hofman a réussi cette performance en étudiant une cohorte de 245 sujets sans cancer, dont 168 à risque de développer un cancer du poumon car atteints de bronchopathie chronique obstructive.
Sur ce dernier nombre, cinq patients présentaient des CTC détectées grâce au test sanguin, et chez chacun d'eux, un nodule cancéreux est apparu un à quatre ans après le test. Opérés immédiatement, ces amas de tissu anormal ont ensuite confirmé le diagnostic de cancer du poumon. Mais un an après les opérations, aucun signe de récidive n'était visible, laissant penser que la maladie avait été éradiquée à temps. Par ailleurs, les patients sans CTC n'ont pas développé de nodule pulmonaire.
Bien entendu, il faudra encore quelques années de suivi pour écarter le risque de récidive et il reste à valider le test par une étude nationale multicentrique. Prudents mais enthousiastes, les auteurs espèrent que leur avancée va permettre de faire entrer plus de patients dans une chirurgie précoce.