Quand elle se répète, la dépression devient neurotoxique

Les personnes qui ont déjà connu au moins deux épisodes dépressifs exécutent plus lentement des tâches cognitives courantes qui requièrent notamment attention, concentration et rapidité.
Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs de l'Inserm ont évalué les capacités cognitives de 2.048 patients ayant connu entre un et cinq épisodes de dépression au cours de leur vie. Ils ont mesuré leur rapidité à exécuter le trail making test (TMT), un test simple qui consiste à relier des cercles numérotés, placés en désordre sur une feuille. Ce test a été effectué deux fois : pendant la dépression et six semaines après, alors qu'une bonne partie des patients était en rémission complète.
Résultat : après une ou deux dépression, les participants ont eu besoin de 35 secondes pour compléter cet exercice mais cette durée a augmenté fortement à partir du troisième épisode dépressif, allant jusqu'à 1 minutes et 20 secondes, y compris chez les personnes qui sont rétablies.
Cette étude est la première à montrer de façon aussi probante les effets " neurotoxiques " de la dépression. Elle pourrait fournir une explication possible au cercle vicieux selon lequel plus un individu connaît d'épisodes dépressifs, plus il risque de rechuter.
Selon le Pr Philip Gorwood, prévenir les rechutes est donc essentiel pour éviter que la dépression ne s'aggrave avec le temps et qu'elle n'altère les fonctions intellectuelles de manière pérenne.