Les transgenres encore considérés comme malades mentaux
L'association Genres Pluriels a réagi vendredi aux modifications législatives soumises prochainement au parlement concernant la suppression de l'imposition de la stérilisation aux personnes transgenres qui souhaitent officiellement changer le sexe de leur identité administrative. Max Nisol, responsable de projet et psychologue à Genres Pluriels, soutient qu'il faut aller plus loin en supprimant la psychiatrisation. La transidentité est encore officiellement considérée comme une maladie mentale et certains transsexuels continuent à subir des discriminations comme le remboursement de traitements contre le cancer du sein pour les personnes considérées comme des hommes.
Une loi votée en 2007 oblige les personnes transgenres a être psychiatrisées, stérilisées et à subir des chirurgies génitales pour les changements de sexe et de prénoms sur les documents d'identité. Max Nisol explique que la stérilisation est une conséquence de la psychiatrisation. "La psychiatrisation sert officiellement à éviter que des personnes fassent des opérations "mutilantes" alors qu'elles souffrent de maladies mentales. A l'heure actuelle, les transidentités sont malheureusement encore dans les manuels de psychiatrie, et donc considérées comme des malades mentaux au même titre que l'homosexualité il y a 30 ans. (...) Le fait que la psychiatrie se mêle des questions d'identité de genre a aussi pour conséquence que les schizophrènes ont l'interdiction légale d'être transgenres."
Cette législation sera revue "à la lumière des obligations internationales en matière de droits humains". En mai 2014, sept agences de l'ONU ont publié une déclaration commune contre la stérilisation forcée et coercitive et ce, notamment, à l'encontre des personnes trans' et intersexes. Amnesty International a émis en début d'année des recommandations sur la question des orientations sexuelles et des identités de genre. Max Nisol remarque que la définition binaire des genres pose pratiquement des problèmes d'accès aux soins, par exemple pour la prise en charge des traitements des cancers du sein pour les personnes reconnues officiellement comme des hommes.