Le diagnostic au bout du souffle
A l'heure où tous les médias ont mis l'emphase sur le diagnostic précoce du cancer du poumon par une simple prise de sang, une technique diagnostique d'un autre fléau respiratoire est quelque peu passée inaperçue.
Le terme de signature génétique est désormais passé dans le langage oncologique habituel. En sera-t-il de même de l'empreinte chimique respiratoire qui semble vouée à un bel avenir dans la reconnaissance précoce des infections invasives à Aspergillus fumigatus? Réponse dans quelque temps mais la preuve du concept est déjà acquise.
En témoignent les résultats obtenus par la recherche de métabolites secondaires spécifiques dans l'air expiré de 64 sujets suspects d'aspergillose invasive. Parmi ces patients, un diagnostic positif d'aspergillose invasive a été porté chez 34 et réfuté chez 30 autres chez lesquels un autre type de pneumonie (y compris fungique) a été porté. L'analyse de l'air expiré a permis de repérer de façon fiable les patients avec pneumonie invasive à Aspergillus fumigatus avec une sensibilité de 94% et une spécificité de 93%.
Le recueil de l'air expiré nécessaire à l'analyse s'est avéré facile dans tous les cas, y compris chez les patients ayant des difficultés respiratoires et chez ceux recevant des suppléments d'oxygène.
L'étape suivante sera bien entendu de valider ces résultats, mais les investigateurs envisagent déjà que cette technique de profilage des éléments volatiles spécifiques d'un micro-organisme donné pourra trouver des débouchés pour le diagnostic d'autres formes de pneumonies et sera d'une aide précieuse pour le choix du traitement le plus approprié au type d'infection pulmonaire.
A suivre.