Association fréquente de troubles urinaires et intestinaux, une étude anversoise
Une étude menée par une équipe de l'UZ Antwerpen, publiée dans le British Journal of Urology International, montre une plus grande fréquence de syndromes du bas appareil urinaire (LUTS) chez les femmes qui présentent des problèmes gastro-intestinaux. Ils suggèrent de toujours rechercher des symptômes au niveau des autres organes pelviens chez les femmes qui se présentent avec un LUTS.
Il s'agissait d'une étude rétrospective basée sur les réponses à un questionnaire validé portant sur les symptômes vésicaux et intestinaux. Les patientes étaient recrutées dans un hôpital tertiaire, elles étaient de trois types: 104 patientes contrôles, 159 consultaient pour des troubles gastro-intestinaux (constipation fonctionnelle, incontinence fécale ou les deux) et 410 pour des problèmes urologiques de type syndrome du bas appareil urinaire.
Symptômes urinaires chez les patients du gastro-entérologue
Les résultats ont montré dans le groupe contrôle, une prévalence de LUTS comparable à celle observée dans les grandes études de population. Des problèmes de nycturie étaient significativement plus fréquents chez les patients présentant une incontinence fécale (multipliés par 9). Les femmes qui présentaient une constipation fonctionnelle se plaignaient 10 fois plus fréquemment d'envies pressantes d'uriner, 5.5 fois plus de problèmes de flux urinaire intermittent, de 3.7 fois plus de nécessité d'uriner à nouveau immédiatement après une miction, ainsi que 10 fois plus fréquemment une sensation de vidange incomplète.
Et vice-versa
En ce qui concerne les patients 'urologiques', des problèmes d'urgence (94%) et d'incontinence urinaire d'urgence (54% des patientes avec une incontinence urinaire) ont été plus fréquemment rapportés par des patientes avec une incontinence fécale. Des problèmes de flux urinaire intermittent, de nécessité de vidange immédiate après une miction ou de sensation de vidange incomplète s'observaient plus souvent chez des patientes avec une constipation fonctionnelle par rapport aux patients sans problèmes gastro-intestinaux.
Mécanismes neurologiques
Les auteurs concluent, dès lors, que tant les généralistes, les urologues que les gastro-entérologues devraient toujours rechercher la présence de symptômes au niveau des autres organes pelviens lors de la consultation. Selon eux, les corrélations cliniques entre les symptômes intestinaux et urinaires pourraient s'expliquer par des mécanismes neurologiques sous-jacents.