Schizophrénie : environnement et gène ne font pas bon ménage...
Les études menées sur des jumeaux ont montré que l'environnement joue un rôle important dans la survenue de troubles neurologiques comme la schizophrénie, lorsqu'il se combine à la présence de gènes particuliers.
Les études d'associations pangénomiques ont tenté de déterminer quelles étaient les interactions entre ces deux facteurs. Toutefois, les résultats en ont laissé plus d'un sceptiques. Les chercheurs allemands qui publient, cette fois, leur étude, ont alors essayé de définir la contribution de chacun à la survenue de la maladie, sa sévérité et ses effets socio-économiques.
Ils ont donc mené une analyse parallèle de 750 patients issus de la base de données de la Göttingen Research Association for Schizophrenia (GRAS). Toutes ces personnes souffrent de schizophrénie, et on dispose de leur variation génomique personnelle (SNP) et de leur phénotype clinique. Plus spécifiquement, les chercheurs se sont attachés à évaluer l'effet potentiel de la présence d'allèles augmentant le risque de schizophrénie par rapport aux effets de l'environnement : atteintes cérébrales périnatales, usage de cannabis, traumatisme neurologique ou psychique, etc.
L'analyse montre que l'environnement joue un rôle peut-être plus important qu'on ne pense dans la survenue précoce de la schizophrénie, surtout quand les facteurs s'accumulent. C'est le cas notamment de la consommation de cannabis, qui constitue l'un des facteurs environnementaux évitables, et qui est clairement associée avec l'apparition de la maladie. En revanche, le score d'associations pangénomiques ne semble pas avoir d'incidence sur les phénotypes schizophrènes. Les chercheurs allemands plaident donc pour une meilleure action préventive sur les facteurs environnementaux.
Hasard des calendriers, le JAMA Psychiatry publie un article sur le GWAS et l'environnement en prenant comme exemple le syndrome de stress post-traumatique. (http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1919420) La conclusion de ses auteurs est de montrer également la plus grande importance de l'environnement, invalidant, de facto, les études actuelles d'association gène-environnement.
Il faut donc bien admettre que la recherche avance, par essence, par tâtonnement. Il sera très compliqué de mettre le doigt sur la conjonction magique de deux facteurs expliquant tout. Néanmoins, s'il est possible d'agir sur certaines composantes pour réduire l'incidence de la maladie, ce sera un beau progrès. Les discussions actuelles sur la libéralisation du cannabis doivent également être élargies par rapport à ces données...