Traumas crâniens : un risque de démence supplémentaire ?
Les traumatismes importants ou plus légers sont souvent mis en cause dans la survenue de troubles neurologiques comme la sclérose latérale amyotrophique ou, comme c'est le cas dans cette étude-ci, les démences, mais d'autres facteurs pourraient entrer en ligne de compte.
Des chercheurs californiens ont en effet réalisé une analyse afin de quantifier le risque de développer une démence chez des personnes adultes ayant souffert d'un traumatisme crânien récent par rapport à des personnes sans traumatisme. Il s'agit d'une cohorte rétrospective constituée entre 2005 et 2011. Tous les patients avaient 55 ans ou plus et ne présentaient pas au départ de troubles démentiels (n=164.661). Les lésions modérées à sévères ont été estimées selon la classification lCD9. Les patients ont été stratifiés suivant la sévérité de l'atteinte et de leur catégorie d'âge.
En tout, 51.799 patients avaient souffert d'un traumatisme crânien. Parmi ceux-ci, 4.361 (8,4%) ont développé un syndrome démentiel par rapport aux 5,9% des patients sans traumatisme crânien (p<0,001). Les auteurs ont donc découvert que ce type d'accidents multiplie par 1,46 le risque de développer une démence. Après ajustement sauf pour l'âge, l'augmentation reste encore de 26% (HR, 1.26; 95% CI, 1.21-1.32; P < .001). Dans les analyses stratifiées, le traumatisme crânien modéré à sévère est associé à une augmentation du risque de démence dans toutes les catégories d'âge alors que dans le cas des traumatismes légers, c'est plutôt l'âge qui peut être mis en cause.
Le risque est donc nettement augmenté par les accidents et l'âge. La surveillance des patients avec un trauma récent devrait donc pouvoir bénéficier d'un suivi plus actif. Les chercheurs montrent également que les patients plus jeunes semblent plus résilients que leurs ainés.