Ostéoporose et risque fracturaire: les benzodiazépines et les anti-dépresseurs majorent le risque
Ils sont parmi les médicaments les plus consommés notamment par le sujet âgé. Augmentent-ils le risque de chutes et de fractures? La réponse dans cette nouvelle étude suédoise qui se fonde sur les données d'un registre national ...
Selon un rapport 2013 de l'OCDE, les anti-dépresseurs et les benzodiazépines sont parmi les médicaments les plus prescrits. Aux Etats-Unis, la consommation d'anti-dépresseurs aurait augmenté de 400% en 20 ans. Les plus de 65 ans contribuent largement à ce phénomène. L'efficacité sur les troubles du sommeil ou les symptômes dépressifs est reconnue mais est-ce le seul effet? C'est ce qu'a voulu vérifier cette étude suédoise qui est partie de l'idée que ces médicaments pouvaient être à l'origine de chutes et de fractures, en particulier chez les personnes ostéoporotiques.
Un risque majoré de 10 à 30%
L'étude1 a tiré parti d'un registre national pour analyser les dossiers de 128.596 patients (âge >65 ans, 59,6% de femmes) suivis pendant une période de 4 ans pour une série de paramètres relatifs à l'ostéoporose, l'âge, le sexe, la taille, le BMI, les fractures prévalentes, une polyarthrite rhumatoïde, etc. mais aussi la prise de médicaments dont notamment les benzodiazépines (BZ) et les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (SSRI). Dans ce collectif, 17,4% des patients sont sous SSRI et 19,1% sous hypnotiques. A 4 ans, on observe que 5,2% (6.730) des patients ont présenté au moins une fracture ostéoporotique avec 2.557 fractures de hanche. Dans le sous-groupe sous SSRI ou BZ, la prévalence des fractures ostéoporotiques atteint respectivement 22,4% et 19,5%. L'incidence des chutes et des fractures ostéoporotiques est de 5,8% sous SSRI et 5,6% sous BZ. Le OR pour l'association entre les fractures de hanche et la prise de SSRI est de 1,30 (CI 95% 1,18-1,43 soit un risque majoré de 30% et 21% pour les hypnotiques. En termes de fractures ostéoporotiques, les OR respectifs sont de 1,10 (p < 0,01) et 1,08 (p < 0,05).
Les auteurs tirent aussi de cette étude une conclusion indirecte en estimant que la prise de SSRI ou de BZ est un facteur prédictif, indépendant du FRAX, de survenue des fractures ostéoporotiques et des fractures de hanche chez les personnes âgées.