Impact du tabagisme sur le pré-diabète
Plusieurs études ont montré que les fumeurs sont exposés à un risque accru de diabète de type 2. Mais qu'en est-il du pré-diabète ? La relation entre le tabagisme, l'exposition cumulative à la fumée de cigarettes, la dépendance à la nicotine et le pré-diabète a été examinée dans le cadre d'une étude transversale réalisée au Liechtenstein.
Le pré-diabète a été défini comme un taux d'HbA1c compris entre 5,7 et 6,4%. Parmi les 2.142 participants (âge médian 37 ans, sans diabète, avec un IMC inférieur à 35 kg/m2 et sans maladie cardiovasculaire), 23,3% présentaient un pré-diabète : parmi ces derniers, 21,2% n'avaient jamais fumé, 20,9% avaient arrêté de fumer et 31,2% fumaient toujours. Un modèle de régression multivariée a calculé un OR de 1,82 pour le pré-diabète chez les fumeurs (1,39-2,38; p<0,0001). Plus le nombre de paquets-années est élevé, plus le risque de pré-diabète est important (augmentation linéaire) : OR de1,34 (0,90-2,00) pour moins de 5 paquets-années, OR de 1,80 pour entre 5 et 10 paquets-années (1,07-3,01) et OR de 2,52 pour plus de 10 paquets-années (1,80-3,59), par rapport aux personnes n'ayant jamais fumé (p<0,0001).
Dépendance à la nicotine
Un score de Fagerström de 2 - qui mesure la dépendance à la nicotine - donnait un OR de 1,27 pour le pré-diabète, alors qu'un score compris entre 3 et 5 donnait un OR de 2,15 et qu'un score supérieur à 5 correspondait à un OR de 3,35. Selon les auteurs, la dépendance à la nicotine est le mécanisme sous-jacent à la relation tabagisme-pré-diabète qui intervient dans l'hyperglycémie liée au tabagisme. Toutefois, étant donné qu'il s'agit d'une étude transversale, aucune conclusion ne peut être formulée quant à l'existence d'un lien de causalité.
À retenir
Dans cette étude, le risque de pré-diabète a été examiné chez des jeunes adultes dont l'exposition à la fumée de cigarettes était plus faible que celle observée dans les études antérieures. Les troubles glycémiques apparaissent donc relativement tôt chez les fumeurs. L'autre force de l'étude tient au fait que la relation entre le tabagisme et le pré-diabète n'est affaiblie par aucune covariable.
La bonne nouvelle, c'est qu'une relation linéaire inverse a également été observée entre le pré-diabète et le délai écoulé après l'arrêt tabagique. De fait, chez les participants ayant arrêté de fumer depuis plus de 4 ans, plus aucun risque de pré-diabète n'a été mis en évidence. L'effet du tabagisme sur le métabolisme du glucose est donc réversible.