Insécurité : les MG de Saint-Nicolas poursuivent la grève des gardes

N'ayant rien vu venir de concret des autorités, suite à l'agression par balle d'un de leur confrère, le cercle des MG de Saint-Nicolas (Liège), poursuit l'action de suspension de la garde sur le territoire. Ils exigent notamment un aménagement de l'obligation sanctionnable pour le médecin de se déplacer. Actuellement, ils répondent parfois à des appels "foireux" pour éviter une sanction ordinale ou même pénale.
Il y a peu, un MG de Saint-Nicolas, surpris au milieu d'une fusillade, s'en est sorti avec une grande terreur et aucune blessure.
Les agressions de médecin sont courantes dans la région liégeoise. Un médecin a été agressé récemment à Waremme.
Les médecins de garde, surtout lorsqu'ils se rendent sur place, par exemple à la suite d'une bagarre, ne savent pas sur qui ils vont tomber. Le risque est grand de servir de " punching-ball " pour les parties au conflit.
Ne voyant aucune décision concrète visant à réduire l'insécurité, les MG de l'entité ont écrit au Dr Isabelle Renard, de la Cellule inspection d'hygiène fédérale de Liège, leur intention de poursuivre la suspension de la garde MG jusqu'à nouvel ordre. L'assemblée générale de leur cercle l'a votée à l'unanimité moins une abstention.
Le cercle de MG explique : " Les médecins de Saint-Nicolas n'ont pas cessé le travail. Notre présence auprès des patients est toujours assurée comme jamais. Seule la garde publique imposée non sécurisée n'est plus opérante. Par la présente nous vous communiquons la décision prise par le Cercle des médecins généraliste de Saint Nicolas concernant la suspension de la garde médicale sur notre secteur pour raison d'insécurité suite à l'agression d'un de nos Confrères. "
Cette décision intervient après une semaine de suspension de garde, alors que, affirment les MG de Saint-Nicolas, rien n'a évolué et que rien n'a été proposé pour assurer la sécurité des médecins de première ligne dans des quartiers réputés de plus en plus dangereux.
Les MG demandent notamment la sécurisation de la garde et du territoire et l'accompagnement du médecin lors de la visite avec le soutien de la police, une meilleur définition du statut de médecin de garde et création d'un cadre légal conformément à la législation du travail et aux droits de l'homme. La déclaration des droits de l'homme assure en effet le droit à la sécurité.
Les MG liégeois demandent également la suppression de la garde de nuit à partir de de 19h en semaine et 20h le weekend et jour férié.
Ils veulent une couverture publique pour les dégâts à leurs véhicules, leur matériel, leur recette et les dommages corporels, psychologiques et humains.
Enfin, ils exigent un aménagement de l'obligation sanctionnable pour le médecin de se déplacer. "Pour éviter des plaintes, nous acceptons souvent des appels foireux au péril de notre intégrité. Une ordonnance ou un certificat fait-il le poids avec la vie d'une personne en l'occurrence celle du médecin ?"