Un cadastre des médecins actifs est déjà exploitable
Un cadastre de l'offre médicale croisant les données de l'Inami et celles du SPF Santé est déjà exploitable. Ce rapport prévoit, sur base des médecins réellement actifs, l'évolution de la force de travail jusqu'en 2037. Il y apparaît entre autres une carence en généralistes qui n'aura de cesse de s'aggraver. Du reste, l'offre médicale se maintiendra au prix d'une hausse du nombre de praticiens travaillant globalement moins.
Prévu au plus tôt pour 2015 par la ministre De Block, le " cadastre amélioré " doit croiser les informations émanant du SPF Santé publique et de l'Inami afin de préciser l'activité réelle des médecins et d'adapter les quotas en fonction.
Ce fameux document est en fait déjà exploitable. Le Jdm a pu consulter ses centaines de pages de tableaux, courbes et autres projections pluriannuelles du nombre de médecins ventilés selon la spécialité, la langue, le sexe et l'activité.
C'est un rapport intermédiaire de la Cellule Planification de l'offre des soins de santé qui base ses scénarios prévisionnistes sur la situation au 31 décembre... 2012. Car il existe un retard assumé de minimum de deux ans pour obtenir les données complètes. Le modèle décrit l'évolution à cinq ans d'intervalle, de 2017 à 2037, du " stock de médecins " en âge de travailler (25-69 ans) et de leurs prestations dans le cadre de l'assurance obligatoire (équivalents temps plein, ETP).
Mais ce " nouveau cadastre " fait abstraction de paramètres essentiels tels que l'évolution démographique, la répartition géographique des professionnels ou encore la variable " nationalité " alors que le rapport concède que " le nombre de candidats et de médecins de nationalité étrangère a fortement augmenté ". Ces lacunes expliquent peut-être pourquoi le document reste confidentiel pour l'heure.
Chute du nombre de généralistes
Parmi les nombreux enseignements de ce rapport, les données tendent à valider le scénario de pénurie des médecins de famille. Il est généralement admis qu'une région présente une déficience en généralistes lorsqu'elle dénombre moins de 9 médecins pour 10.000 habitants. Or, la densité globale de MG évolue dès le départ sous ce " seuil de pauvreté médicale " : 14.277 agréés en médecine générale, dont 8.459 (59%) équivalents temps pleins (ETP), soit un médecin pour 1.300 habitants. Et cette tendance ne devrait que s'amplifier. À l'horizon 2022, la cellule Planification prévoit 7.670 généralistes ETP. Le nombre flirte même avec les 6.000 dès 2032. Cela représente moins de 6 généralistes pour 10.000 habitants à périmètre démographique inchangé !
L'effet conjugué du modernisme, de la féminisation et du vieillissement ne se limite pas à la médecine générale. Sur l'ensemble des 34 spécialités étudiées, l'offre médicale devrait se maintenir au prix d'une hausse du nombre de médecins actifs (d'environ 32.000 à 34.000 praticiens) car le taux d'occupation perdra au moins 600 ETP d'ici 2032.