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Numéros Inami : Le MR dénonce une " mystification "

Alors que Jean-Claude Marcourt, le ministre (PS) de l'Enseignement supérieur ne peut se résoudre à la mise en place d'un examen d'entrée en médecine, trois députés MR de la Fédération Wallonie Bruxelles dont le Dr Jacques Brotchi estiment au contraire que c'est la " seule solution ". Dans son refus d'organiser un examen d'entrée, Marcourt est, selon le MR, responsable du désastre humain qu'il engendre. Quant à récupérer les numéros Inami des Français, comme le propose le ministre, il s'agit pour le MR d'une " mystification ".

Nicolas de Pape - 17 novembre 2014

Jean-Claude Marcourt a exposé une idée neuve à la ministre Maggie De Block pour régler le problème des 300 médecins francophones privés de numéros Inami : récupérer ceux des diplômés français qui sont retournés dans leur pays. Cette solution permettrait de récupérer environ 30% des numéros, a-t-il résumé sur les ondes de Matin-Première (RTBf). Mais ce n'est qu'une solution à court terme, reconnaît le ministre.

Et elle pose, selon l'Inami, des problèmes juridiques car il n'est pas légal de " reprendre " les numéros attribués aux Français. Certains entendent le conserver afin de pouvoir à tout moment exercer en Belgique. Les médecins installés durablement en France pourraien-ils donner leur " autorisation " et rendre leur numéro ?

Françoise Bertieaux et Jacques Brotchi, députés à la FWB, n'en sont pas convaincus. Ils dénoncent vertement cette option qu'ils qualifient de " mystification la plus complète ". " Il s'agit d'une disposition utopique et discriminatoire qui va à l'encontre totale des traités européens... Le ministre ne peut pas retirer la liberté de ressortissants européens de revenir s'établir et exercer en Belgique s'ils le souhaitent. Enfin, pourquoi s'en prendre uniquement aux médecins français et pas aux autres médecins étrangers ? C'est la porte ouverte à tous les recours ! "

Désastre humain

Le MR estime tout aussi mensonger de faire croire que la solution n'appartient qu'au Fédéral. " En s'entêtant à refuser toute limitation d'accès, le ministre de l'Enseignement supérieur est complétement responsable de ce désastre humain. "
Marcourt en effet ne se résout toujours pas à un examen d'entrée, qu'il estime trop injuste " dans un pays où l'enseignement secondaire est trop inégalitaire et ne permet pas à tous d'être préparés à un tel examen ".

Le MR s'étonne au contraire de la pérennité de cette dualité de notre enseignement. Si certaines écoles forment à l'université et d'autres pas, " il est légitime de se demander dès lors ce que le PS a concrètement fait pour éviter [ce dualisme] depuis les 25 dernières années où il était au pouvoir ".
Seule solution pour le MR : l'examen d'entrée. Jacques Brotchi, Françoise Bertiaux et Olivier Maroy qui signent une proposition de résolution dans ce sens rappellent qu'historiquement, les mesures prises par les ministres successifs n'ont été que des rustines qui ont été à chaque fois abandonnées parce qu'elles ont montré leurs limites.

En l'absence de frein à l'entrée véritable - le test d'orientation obligatoire n'étant pas contraignant -, on a assisté à une explosion d'inscriptions en 1ère année de médecine : 935 inscrits en 2000-2001 et 3.980 en 2012.

Jusqu'à présent, les universités puisaient dans leurs réserves de numéros pour permettre aux courageux étudiants de continuer leur 3e cycle : ainsi, entre 2004 et 2014, 4.303 attestations ont été attribuées contre 3.562 planifiées.

Mais fin 2017, les réserves des universités seront épuisées. A la rentrée 2014, les doyens ont donc décidé de conserver les numéros Inami pour les cohortes suivantes, et donc ne pas en accorder à l'ensemble des étudiants actuellement en 3e Master, précisent les députés. Il y aura donc 1.000 diplômés francophones surnuméraires en 2018 et 400 néerlandophones.

Guet-apens

" Nos jeunes sont attirés dans un véritable guet-apens ", soulignent les députés MR. " La seule solution est d'instaurer un examen d'entrée qui vérifie si le jeune sorti du secondaire a les connaissances scientifiques suffisantes et la maturité pour suivre et comprendre les cours en 1er Bac. L'examen existant depuis 1997 au Nord du pays pourrait être une source d'inspiration pour nos universités. "
L'examen comportera une mise en situation, un test de raisonnement et une vérification des capacités d'empathie du candidat. Le système prévoit quatre sessions, réparties sur deux années académiques pour augmenter les chances du futur étudiant. En cas d'échec, l'étudiant sera réorienté vers une année de mise à niveau s'il désire poursuivre en médecine. En cas de réussite, il serait dispensé des matières théoriques de l'examen.

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