Risque de diabète de type 2 sous statines
Cette étude examinait l'effet des statines sur deux variantes du gène de la HMG-CoA réductase (rs17238484 et rs12916), dont l'impact a été étudié sur les paramètres suivants : lipides plasmatiques, concentrations de glucose et d'insuline, mais aussi poids corporel, tour de taille et nouveaux cas de diabète de type 2.
La HMG-CoA réductase, l'enzyme limitante intervenant dans la synthèse du cholestérol, constitue la cible des statines. L'inhibition de cette enzyme entraîne une diminution du taux de cholestérol et exerce un effet favorable sur l'athérosclérose. Les statines sont associées à différents effets secondaires connus. Ainsi, dans l'étude menée par Carter et al. en 2013, le risque de diabète de type 2 oscillait entre 10 et 22 %.
Analyse génétique
Quarante-trois (43) études génétiques ont recueilli des données auprès de 223.463 personnes. La méta-analyse a montré que chaque allèle rs17238484-G supplémentaire était associé non seulement à une baisse moyenne de 0,06 mmol/l de cholestérol LDL, mais aussi à une augmentation du poids (0,30 kg), du tour de taille (0,32 cm), de l'insulinémie (1,62 %) et de la glycémie (0,23 %). L'allèle rs12916 exerçait des effets comparables sur le cholestérol LDL, le poids et le tour de taille. Les deux allèles se sont avérés associés à un risque accru de diabète de type 2 (OR par allèle : respectivement 1,02 et 1,06).
12 % de diabétiques en plus
Une méta-analyse d'études randomisées conduites avec des statines (n=129.170) a mis en évidence une baisse du cholestérol LDL de 0,92 mmol/l après un suivi de 1 an, ainsi qu'une prise de poids de 0,24 kg (toutes les études prises ensemble ; 0,33 kg dans les études, par rapport au placebo ou traitement standard ; -0,15 kg dans les études comparant une dose intensive à une dose modérée) après une période de suivi moyenne de 4,2 ans (1,9-6,7). Le nombre de nouveaux cas de diabète de type 2 avait augmenté de 12 % (toutes les études prises ensemble ; 12 % dans les études par rapport au placebo ou traitement standard ; 12 % dans les études comparant une dose intensive à une dose modérée).
Vers la pratique
Les auteurs ont conclu que le risque de diabète de type 2 sous statines pouvait s'expliquer au moins en partie par l'inhibition de la HMG-CoA. La prise de poids est physiologiquement liée à la résistance à l'insuline, l'un des facteurs de risque les plus puissants du diabète de type 2.
Toutefois, le risque absolu de diabète de type 2 est en grande partie neutralisé par l'effet favorable des statines sur le risque cardiovasculaire. Des études randomisées et contrôlées de grande envergure, menées à la fois en prévention primaire et secondaire, y compris chez des patients diabétiques de type 2, ont en effet mis en évidence un profil bénéfice/risque favorable.