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Remboursement du TAVI : des modalités qui fâchent les cardiologues

Pour le TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation), l'Inami a promulgué des critères de remboursement, valables depuis le mois d'août 2014. Les cardiologues interventionnels et les chirurgiens cardiovasculaires ont fait état de leur désaccord avec ces critères, qu'ils jugent trop restrictifs et injustes. Ils n'apprécient pas non plus le choix des centres agréés pour le remboursement.

Dr Jean-Marie Segers - 18 novembre 2014

Le TAVI est un traitement destiné aux patients atteints de sténose au niveau de la valvule aortique, et qui pour diverses raisons ne peuvent subir un traitement chirurgical. La nouvelle valvule aortique est placée en mode transcutanée, soit par cathétérisation de l'artère fémorale, soit par voie transapicale. Dans la plupart des pays européens et aux Etats-Unis le TAVI fait partie des techniques usuelles et est considéré comme traitement standard pour les patients non-chirurgicaux.

Le remboursement du TAVI, qui coûte environ cinq fois plus cher que le traitement chirurgical, mais avec moins de risques pour le patient fragile, s'est longtemps fait attendre, mais depuis le 1er août c'est chose faite, fût-ce à des conditions bien précises. Dans une déclaration commune, les cardiologues interventionnels et les chirurgiens cardiovasculaires en marqué leur désaccord avec les nouvelles mesures. " Tout d'abord, les critères de sélection sont purement anatomiques, et ne tiennent pas compte des comorbidités et de la fragilité du patient ", explique le Pr Walter Desmet, chef du service de cathétérisation cardiovasculaire à l'UZ Leuven. " D'autre part, le remboursement de cette technique est limité à quelques centres reconnus par l'Inami. A notre avis, la répartition dans les diverses provinces est non seulement injuste, mais en plus illogique. C'est ainsi que la ville d'Alost compte deux centres reconnus, tandisque les provinces de Flandre Occidentale et du Limbourg n'en comptent aucun! Nous sommes les premiers à reconnaître que les moyens financiers de notre Sécurité Sociale sont limités, mais la réglementation actuelle est irresponsable et dommageable, tant pour les patients que pour les centres en question."

Nouvelles propositions

C'est la raison pour laquelle le Belgian Working Group on Interventional Cardiology (BWGIC) et le Belgian Association of Cardio-Thoracic Surgery (BACTS) se sont alliés pour exprimer leur désaccord avec la réglementation actuelle et pour formuler de nouvelles propositions (lire leur Libre opinion page ?). " La technique du TAVI devrait se limiter aux centres disposant de l'expérience requise pour le traitement des valvules, qu'il soit chirurgical ou transcutané. Pour éviter la surconsommation le TAVI devrait être limité à un pourcentage (fixé annuellement) de la totalité des opérations valvulaires. Un pourcentage de l'ordre de 5 à 10 % du volume chirurgical nous paraît équitable. "

Les centres doivent pouvoir décider eux-mêmes quels sont les patients pouvant bénéficier du traitement. Cela se passe déjà à l'heure actuelle, par les 'heart teams', comprenant des cardiologues interventionnels et des chirurgiens cardiovasculaires. Chaque cas est différent et reçoit une évaluation personnalisée. En plus, il faudrait fixer pour chaque centre un quota annuel en dessous duquel il n'y aurait plus de remboursement. " Les publications internationales font état de 24 TAVIs par an et par centre, mais cela nous semble difficile à obtenir dans notre pays. C'est la raison pour laquelle nous optons pour un minimum de 10 TAVIs par an ", ajoute le Pr Desmet. Ces nouvelles mesures auraient aussi l'avantage de rendre inutiles les contrôles post hoc de l'Inami en ce qui concerne le respect des critères anatomiques d'inclusion.

On attend maintenant la réaction de l'Inami aux nouvelles propositions du BWGIC et du BACTS.

Lire la Libre opinion des cardiologues dans le Jdm de vendredi.

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