Consommation de soins : l'ANMC et l'UCL misent beaucoup sur les compétences émotionnelles
Une étude réalisée conjointement par l'UCL, la KUL et la Mutualité chrétienne (MC) affirme, chiffres à l'appui, que nos compétences émotionnelles peuvent avoir un impact sur notre santé, mentale et physique, et sur notre bien-être en général. Et réduire notre consommation de médicaments.
" Les compétences émotionnelles (CE) font référence à la manière dont nous identifions, comprenons, exprimons, gérons et utilisons nos émotions. D'après la littérature scientifique, les personnes qui ont des CE élevées sont plus heureuses, ont moins de risques de développer des troubles psychiques, sont plus satisfaites dans leurs relations sociales et, toutes choses étant égales par ailleurs, sont plus performantes au travail. Mais, jusqu'ici, nous ne disposions encore d'aucune donnée scientifique permettant d'établir un lien objectif entre CE et santé. C'est aujourd'hui chose faite ", explique le Pr Moïra Mikolajczak de l'UCL, auteure de l'étude.
Pour la première fois, ceci est objectivement démontré via l'enquête susdite qui a examiné près de 11.000 formulaires d'enquête.
Ainsi, selon les résultats : sur un an, en moyenne, une personne disposant de CE élevées voit le médecin une fois de moins, passe une demi-journée de moins à l'hôpital et consomme 128 doses de médicaments (DDD - dose moyenne journalière) de moins qu'une personne disposant de CE peu développées. Ou encore, une personne âgée disposant de CE élevées consommera près de 180 doses de médicament de moins, sur base annuelle, qu'une personne âgée avec des CE peu développées.
Les CE semblent même pouvoir compenser une faible activité physique. " Par exemple, une personne pratiquant peu d'activité physique mais disposant de CE élevées passera en moyenne presque deux jours en hospitalisation de moins par an qu'une personne pratiquant également peu d'activité physique mais aux CE peu développées. "
" Toute avancée dans l'amélioration globale de notre bien-être doit être prise en considération. Les CE doivent donc être intégrées dans les approches de prévention en matière de santé. Au même titre que l'activité physique ou l'alimentation saine, par exemple, elles devraient faire l'objet d'une attention particulière dans l'enseignement et, pourquoi pas, d'une véritable promotion. D'autant que contrairement à l'âge ou au genre, on peut développer ses CE ", relève Jean Hermesse, Secrétaire général de la MC.
Dans le cadre plus large du bien-être de la personne, la MC plaide pour le remboursement des soins psychologiques par un psychologue ou un psychothérapeute.