PremiumActualités médicales

Progression du sida : "Une occasion manquée pour les MG belges"

En 2013, 1.115 nouveaux diagnostics d'infection par le virus du sida ont été établis en Belgique, a indiqué vendredi l'Institut scientifique de Santé publique (ISP) à l'occasion de la présentation de son rapport VIH/Sida 2013. Ce chiffre correspond à une moyenne de 3,1 nouveaux diagnostics par jour lors de l'année écoulée. Pour les experts, les MG pourraient jouer un grand rôle dans le dépistage des publics vulnérables, notamment d'origine africaine. Les contributeurs aux rapport plaident pour une "prévention combinée" associant trois volets: préservatif, traitement accessible et plan national de dépistage avec une offre élargie de tests gratuits, démédicalisés et délocalisés.

D'après communiqué - 24 novembre 2014

"Le nombre d'infections reste particulièrement élevé", commente Thierry Martin, de la Plate-forme Prévention Sida. Si le total de nouvelles détections a baissé de 9% par rapport à 2012, qui était une année record en cette matière (1.227 diagnostics), le recul semble surtout dû à la diminution des nouveaux diagnostics parmi la population provenant d'Afrique subsaharienne (-24% par rapport à 2012). Or, celle-ci pourrait être expliquée par des questions de politique de migration, prévient l'ISP, soutenu par l'Institut de Médecine tropicale d'Anvers (IMT).

"Cette baisse ne veut pas dire que moins d'Africains sont infectés du virus du sida", estime Jasna Loos, de l'IMT. "Moins de personnes d'origine africaine rentrent sur le territoire belge, et ceux qui s'y trouvent déjà ont parfois peur de se faire dépister", craignant éventuellement un retour forcé ou le refus de soins en cas de diagnostic positif. L'Institut de Médecine tropicale s'est penché plus spécialement sur les migrants africains résidant à Anvers. A l'issue d'une étude, il a pu être chiffré que 6,1% des femmes et 3% des hommes d'Afrique subsaharienne qui y vivent sont séropositifs. La moitié de ces personnes l'ignoraient.

Les migrants les plus vulnérables, préoccupés par leur survie et présentant souvent un comportement sexuel risqué, sont également ceux qui se montrent le moins réceptifs à la prévention et aux possibilités de dépistage. "La plupart des diagnostics se font finalement via des spécialistes, comme par exemple le chirurgien avant une opération", précise Jasna Loos, coordinatrice de l'étude. "Nous estimons qu'il y a là une occasion manquée pour les médecins géneralistes. Ceux-ci doivent proposer plus systématiquement des tests aux personnes des catégories vulnérables, et les informer de manière individuelle." Par ailleurs, il semble selon les chercheurs de l'IMT que la stigmatisation continue à être un frein pour la communauté africaine. "Nous avons un rôle important dans sa diminution", indique Jasna Loos.

Un point interpellant ressortant du rapport 2013 de l'ISP est par ailleurs que "la part des contaminations via des relations sexuelles entre hommes (HSH) a dépassé celle des infections par des relations hétérosexuelles" parmi les nouveaux diagnostics, alors que ces dernières prédominaient jusqu'en 2012, indique André Sasse, de l'ISP. Si le nombre de nouveaux cas belges dans la catégorie des HSH semble plus ou moins stagner, les constats d'infection par le VIH chez les HSH d'autres nationalités européennes se sont envolés (+30%), plus particulièrement chez les Espagnols, Néerlandais et Français habitant en Belgique.

L'ISP constate que, de manière inquiétante, le nombre de tests de dépistage effectués a légèrement diminué en 2013, pour atteindre la proportion de 62 pour 1.000 habitants. Parallèlement, les personnes à risque continuent à attendre trop longtemps avant de faire le pas: 43% des nouveaux diagnostics de l'année sont considérés comme tardifs. Les détections tardives sont notamment de plus en plus nombreuses chez les HSH. Le pourcentage de diagnostics tardifs chez les HSH a ainsi connu une augmentation "significative" au cours des ans: de 25% en 2010 à 40% en 2013.

Le rapport identifie donc deux populations vulnérables, pour lesquelles il est estimé que les efforts de prévention doivent être renforcés: les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, et les migrants originaires d'Afrique subsaharienne, dont les membres infectés par le virus du sida le sont généralement via des relations intimes hétérosexuelles.

"L'utilisation du préservatif reste problématique", prévient Thierry Martin (Plateforme Prévention Sida). "Un jeune sur deux n'en a pas utilisé lors de sa dernière relation sexuelle." Le préservatif doit, selon les associations, rester au centre des actions de prévention, avec des distributions gratuites et une promotion ciblée. Les contributeurs aux rapport plaident pour une "prévention combinée" associant trois volets: préservatif, traitement accessible et plan national de dépistage avec une offre élargie de tests gratuits, démédicalisés et délocalisés.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine