Femmes postménopausées jeunes, indemnes d'ostéoporose
À quelle fréquence les femmes postménopausées jeunes n'ayant aucun signe d'ostéoporose lors d'une première ostéodensitométrie pratiquée avant l'âge de 65 ans doivent-elles se soumettre à une évaluation de la densité osseuse ? Dans ce groupe, l'incidence de fractures ostéoporotiques de hanche s'avère déterminante.
Les auteurs ont déterminé l'incidence d'une première fracture de hanche ou d'une fracture vertébrale clinique, ou encore d'une fracture ostéoporotique majeure (hanche, vertèbre clinique, humérus proximal ou poignet) chez des femmes postménopausées ayant subi une première ostéodensitométrie avant l'âge de 65 ans.
Critères d'évaluation
Cette étude a inclus 4.068 femmes postménopausées âgées de 50 à 64 ans, n'ayant initialement pas de fracture de hanche ni de fracture vertébrale clinique, et qui ne prenaient pas de médicaments antifracturaires. Ces femmes avaient participé à l'étude de cohorte Women's Health Initiative BMD. Des ostéodensitométries ont été réalisées entre octobre 1993 et avril 2005, et le suivi des fractures a duré jusqu'en 2012.
Les critères d'évaluation étaient le délai pour que 1 % des femmes présentent une fracture de hanche ou une fracture vertébrale clinique, et le délai pour que 3 % des femmes présentent une fracture ostéoporotique majeure avant l'instauration du traitement. On a effectué des corrections pour les facteurs de risque cliniques et d'autres facteurs interférentiels.
Les femmes indemnes d'ostéoporose lors de la première ostéodensitométrie ont été analysées séparément des femmes souffrant effectivement d'ostéoporose à ce moment.
Résultats
Finalement, le suivi de la densité osseuse et des fractures s'est étalé sur un maximum de 11,2 ans. Durant ce suivi et après les corrections, le délai pour que 1 % des femmes présentent une fracture de hanche ou une fracture vertébrale clinique atteignait 12,8 ans (8,0-20,4) dans le groupe de femmes âgées de 50 à 54 ans, sans ostéoporose initiale, et 7,6 ans (4,8-12,1) dans le groupe de femmes âgées de 60 à 64 ans, sans ostéoporose initiale.
En revanche, dans l'ensemble du groupe (50-64 ans) souffrant d'ostéoporose initiale, ce délai était de 3 ans.
Les délais d'apparition de fractures ostéoporotiques majeures étaient comparables.
Conclusion
Les fractures ostéoporotiques majeures ne sont pas si fréquentes chez les femmes postménopausées jeunes (50-64 ans) indemnes d'ostéoporose lors d'une première ostéodensitométrie pratiquée avant l'âge de 65 ans. Dès lors, il est probable qu'elles ne tirent pas beaucoup de bénéfices de la répétition des ostéodensitométries jusqu'à l'âge de 65 ans.