mCRPC : Paramètres squelettiques à valeur pronostique
D'après une étude suédoise présentée au cours du congrès de l'EMUC à Lisbonne, la mesure du BSI (Bone Scan Index) constitue un biomarqueur pronostique permettant de prédire l'évolution de patients présentant une forme métastasée de cancer de la prostate (mCRPC), traités par l'abiraterone après progression sur chimiothérapie. Un nouvel outil de monitoring ?
L'efficacité de l'abiraterone dans le traitement de patients avec un cancer de la prostate métastasé résistant à la castration qui avait progressé après une chimiothérapie a été bien établie par des études qui ont démontré que cet inhibiteur de la biosynthèse des androgènes permettait de considérablement prolonger la survie. Par ailleurs, le BSI (Bone Scan Index) est une mesure qui reflète la charge tumorale exprimée comme un pourcentage de la masse squelettique totale, calculée sur base d'une scintigraphie osseuse. La valeur pronostique de cette mesure dans les cancers de la prostate métastasés résistants à la castration avait déjà été évoquée. Les chercheurs suédois se sont dès lors demandé si le BSI pouvait constituer un biomarqueur intéressant pour prédire la survie chez les patients traités après progression de la maladie sur chimiothérapie.
Modalités de l'étude
L'étude - qui a été retenue parmi les meilleures présentations lors du congrès - analysait de manière rétrospective, les données de 39 patients avec un cancer de la prostate métastasé résistant à la castration qui avaient reçu un traitement par abiraterone suite à la progression de leur cancer malgré la chimiothérapie. Les patients avaient tous subi une scintigraphie du corps entier avant l'instauration du traitement par abiraterone et au cours de celui-ci. Les valeurs de BSI ont alors été calculées de manière automatique par un logiciel spécifique. Les données de survie globale ainsi que l'évolution des taux de PSA ont également été examinés sur les périodes correspondantes.
Association délétère significative
Les résultats montrent que les patients avec une augmentation du BSI (≥0.3; n=21) avaient un taux de survie de 21% par rapport aux patients avec une amélioration ou une stabilisation de ce paramètre (BSI change <0.3; n=18) (80%) (p<0.001). L'analyse de la variation de la valeur du BSI depuis le départ jusqu'au moment de l'analyse montre une association significative avec la survie globale (p=0.001). La variation des taux de PSA n'avait, quant à elle, pas de valeur pronostique.
Un outil de monitoring
Les auteurs concluent donc qu'il existe une association significative entre une augmentation du BSI et une diminution de la survie chez les patients avec un cancer de la prostate métastasé résistant à la castration traités par abiraterone après progression sous chimiothérapie. Déterminer le BSI pourrait, selon eux, être un biomarqueur intéressant pour suivre les traitements de seconde ligne chez ces patients.