Dépression : dissiper le brouillard de cette maladie honnie...
Nature consacre une grande partie de son dernier numéro à la dépression et constate que cette maladie reste encore trop souvent dans les brumes. Difficile à diagnostiquer, difficile à traiter, elle est aussi empreinte d'une véritable stigmatisation.
Difficile de passer à côté, cette semaine, du dossier consacré aux dernières découvertes sur la dépression dans l'hebdomadaire Nature. Quoi de plus normal, penserez-vous, il s'agit tout de même du trouble mental le plus répandu de par le monde. C'est exact, mais Nature montre également, graphique à l'appui, que ce sont essentiellement les pays occidentaux qui sont affectés. Cependant, les auteurs repris dans ce grand dossier s'accordent pour dire qu'aucune autre maladie n'est aussi mal diagnostiquée ni aussi peu prise en charge que la dépression. Et ils posent la question de savoir pourquoi ce qui est inacceptable pour le cancer, serait acceptable pour la dépression.
La réponse tombe un peu comme un couperet : le diagnostic est difficile à poser et peu d'outils permettent de comprendre en profondeur les complexités de notre cerveau et de la formation de nos pensées.
Dès lors, plusieurs articles font état des mécanismes d'action possibles des antidépresseurs, mais aussi de la plus étudiée et la plus méconnue des méthodes thérapeutiques : la thérapie cognitivo-comportementale (CBT). Elle semble aussi efficace que les antidépresseurs et donne des résultats à plus long terme. Cependant, les auteurs estiment aussi que les antidépresseurs ont leur utilité à court terme afin de mettre en place une CBT efficace.
Enfin, bon nombre de recherches s'orientent aussi vers la génétique afin de déterminer quels sont les facteurs prédictifs et pronostiques de la maladie et de ses traitements. Cette approche qui a reçu l'aval des instances scientifiques, transférant une grande part du budget de l'approche sociale et psychologique vers une approche biologique et neuronale, a connu son lot de détracteurs. Ces derniers reprochant de passer outre les aspects culturels, sociétaux, sociaux, professionnels de la maladie.
Toutefois, le plus urgent pour l'éditorialiste, est peut-être d'en finir avec la stigmatisation des patients dépressifs.