Thyroïde et QI chez des garçons de 10 ans en bonne santé
Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle crucial dans la maturation du système nerveux central et le développement neurologique des enfants. Dans cette étude, les investigateurs ont examiné la relation entre la TSH, la T4 libre et le fonctionnement cognitif dans une cohorte de suivi de garçons âgés de 9 à 11 ans.
L'évaluation a porté sur 300 enfants issus de la cohorte initiale, INMA Granada, qui se composait de 668 paires mères-fils éligibles, recrutées à la naissance entre 2000-2002. Le projet INMA est un réseau d'étude constitué de plusieurs groupes d'étude espagnols ciblés sur l'étude des effets de l'environnement (eau, air, alimentation) sur la santé des mères et des jeunes enfants.
Mesures
On a dosé les taux sanguins de TSH et de T4 libre. Pour le développement cognitif, on a utilisé les tests neuropsychologiques classiques. En tout, 187 enfants ont pu être étudiés. Les enfants souffrant d'une affection thyroïdienne chronique et/ou de troubles du développement cognitif ont été exclus.
Les taux médians de TSH et de T4 libre atteignaient respectivement 3,1 microUI/ml et 1,2 ng/dl.
Tertiles les plus élevés
Après correction pour les caractéristiques des mères et des enfants dans une analyse de régression multivariée, il est apparu que les enfants ayant une TSH située dans le tertile le plus élevé avaient une moins bonne compréhension verbale et une moins bonne mémoire à court et à long terme. D'autre part, les enfants ayant une T4 libre située dans le tertile le plus élevé obtenaient de meilleurs résultats aux tests de l'attention, et ils étaient moins impulsifs. En outre, la probabilité qu'ils obtiennent des résultats inférieurs au percentile 20 sur le plan du quotient intellectuel et du raisonnement abstrait était plus faible, l'OR atteignant respectivement 0,29 (0,08-0,96 ; p=0,044) et 0,28 (0,09-0,88 ; p=0,029).
En bref
Les hormones thyroïdiennes circulantes et la TSH ont donc bien un impact sur le fonctionnement cognitif. De moins bons résultats à un certain nombre de tests neuropsychologiques s'observent légèrement - mais significativement - plus souvent chez les garçons ayant une TSH plus élevée.