La régénérescence pulmonaire en action
L'idée que le poumon est capable de se régénérer doit beaucoup aux quelques sujets qui ont eu la chance de survivre à un syndrome de détresse respiratoire aiguë (ARDS) et n'en ont gardé que très peu de séquelles. Ce même phénomène de régénérescence a été constaté chez les souris infectées par le virus H1N1.
Grâce à ce modèle animal, des chercheurs américains avaient identifié un type particulier de cellules souches (p63+/Krt5+) qui, en culture, s'étaient avérées capables de fabriquer des structures anatomiques en tout point semblables à des alvéoles pulmonaires.
Ces mêmes investigateurs montrent aujourd'hui que ces cellules souches particulières prolifèrent aux endroits où l'infection H1N1 a engendré des lésions pulmonaires et qu'elles contribuent au développement de structures alvéolaires près des sites inflammatoires.
Le rôle clé des cellules souches p63+/Krt5+ dans la régénérescence pulmonaire a été démontré grâce à l'étude de souris génétiquement modifiées. Chez ces souris, il n'y a pas de récupération consécutive à l'infection H1N1, les poumons présentent et conservent des cicatrices et les échanges gazeux entre le sang et l'air alvéolaires sont et restent perturbés.
Enfin, et c'est sans doute le résultat le plus spectaculaire, les investigateurs ont également montré que lorsque des cellules souches p63+/Krt5+ étaient isolées et transplantées dans un poumon endommagé, elles contribuaient immédiatement à la fabrication de nouvelles alvéoles en se différenciant en diverses lignées épithéliales, en ce compris les cellules sécrétoires bronchiolaires et les pneumocytes alvéolaires de type I et II.