La rémission dans la polyarthrite rhumatoïde: il faut être ni trop gros, ni trop mince
Dans la polyarthrite rhumatoïde, quelles sont les chances de rémission des patients avec un BMI bas inférieur à 18 ou élevé de 25 à >40?
Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), des études antérieures ont bien montré l'effet de la surcharge pondérale et de l'obésité dans l'obtention d'une réponse thérapeutique. Cette nouvelle étude1 a repris les données de la cohorte CATCH (Canadian Early Arthritis Cohort), incorporant 944 patients répartis en 6 groupes selon la classification du BMI élaborée par l'OMS, associées à des mesures du DAS28, un marqueur d'activité de la maladie. Au total, 2% des patients sont classés dans la catégorie de faible poids, 65% sont en surcharge pondérale ou obèses, soit un taux supérieur au dernier rapport WHO qui fait état d'une moyenne nationale de 47%.
Ces patients avec un BMI élevé sont plus souvent âgés (p < 0,0001), de sexe féminin (p < 0,001) avec une mobilité réduite objectivée par le score HAQ-DI (p < 0,001). Ceux qui présentent un BMI très bas ou élevé ont aussi une CRP élevée et une vitesse de sédimentation élevée, alors que ceux avec un BMI faible ou normal sont plus souvent fumeurs. Les variables qui ne diffèrent pas entre les différents groupes sont les ACPA, les facteurs rhumatoïdes positifs, la durée des symptômes, le DAS28 ou l'usage de médicaments (stéroïdes, méthotrexate) pendant les 3 premiers mois.
Autant les minces que les gros
En analyse multivariée, on constate que tant un BMI faible qu'un BMI élevé compromettent les chances de rémission durable, comparé à un BMI normal. Par contre, l'usage précoce de méthotrexate, l'absence de tabagisme, un score d'activité de la maladie faible à 6 mois améliorent les chances de rémission durable. Ce sont les patients présentant les BMI les plus élevés en classe 5 ou 6 (>35-40) qui ont le moins de chances d'obtenir une rémission. Qu'en serait-il en adaptant les doses au poids corporel.