Huntington : un nouvel espoir ?
La maladie de Huntington constitue encore aujourd'hui un diagnostic définitif pour le patient, qui implique aussi sa descendance. Toute nouveauté thérapeutique est donc accueillie à bras ouverts. S'agissant d'une étude de phase 2, la prudence reste de mise...
Le groupe Reach2HD, qui constitue le groupe d'auteurs de cette étude, est issu des meilleurs centres de recherche aux USA. Ils ont testé PBT2, un chélateur de métal qui pourrait induire une agrégation des protéines huntingtines mutées. Dans des modèles murins de la maladie, ce médicament a permis de prolonger la survie des souris. Restait à passer chez l'homme.
Ils ont donc mené une étude durant 26 semaines en double aveugle contre placebo chez des adultes de 25 ans ou plus présentant un stade précoce ou modéré de la maladie. Les patients ont été randomisés en 3 groupes : PBT2 250 mg, PBT2 100 mg ou un placebo. La randomisation a été réalisée site par site par bloc de 3 patients. L'objectif primaire était de déterminer la sécurité d'emploi et la tolérabilité du médicament. Le principal objectif secondaire était de déterminer l'effet sur les tests cognitifs.
Entre avril et décembre 2012, 109 patients ont participé à l'étude. Le taux de participation à la fin de l'étude étaient pratiquement de 100% dans chaque groupe. Chez ceux recevant 250 mg de PBT2 (n=36), 6 effets secondaires sérieux sont survenus chez 5 des sujets : syndrome coronarien aigu, dépression majeure, pneumonie, tentative de suicide, infection virale et aggravation de la maladie princeps. On n'en a dénombré que trois chez 3 patients du groupe 100 mg (n=38) et seulement 1 chez un patient ayant reçu le placebo.
Aucune amélioration n'a été obtenue en ce qui concerne les tests cognitifs par rapport aux résultats obtenus par placebo. En revanche, le test des tracés (" Trail Making Test ") était significativement meilleur chez les patients traités par PBT2 250 mg, mais pas dans l'autre groupe traité par rapport au placebo.
Le médicament semble donc relativement bien toléré aux dosages indiqués. Néanmoins, les bénéfices cliniques réels doivent encore être confirmés par d'autres essais cliniques.