Lésions médullaires : et si elles atteignaient le cerveau ?
Cela peut paraitre étonnant, mais il s'agit bel et bien d'une première...
La plupart des spécialistes, face à une lésion de la moelle épinière, s'intéressent essentiellement à ses effets immédiats. Les auteurs de cette étude montrent qu'on néglige bien souvent de considérer les autres parties du système nerveux central et, en particulier, le cerveau. Des modèles expérimentaux de douleur ont montré que les atteintes médullaires provoquent des douleurs neuropathiques chroniques associées avec des modifications au niveau thalamique et, notamment, dans la région régulant la douleur. Par ailleurs, des déficits cognitifs ont été rapportés chez les patients ayant subi ce type de lésions. Toutefois, on n'a jamais pu exclure totalement que cet effet soit dû à un choc sur la tête ou non. Pour affiner leurs résultats, les chercheurs de Baltimore (Maryland, USA), ont provoqué des blessures au niveau de la moelle épinière thoracique et ont regardé les effets sur les capacités cognitives, la présence d'une inflammation cérébrale et les troubles neurodégénératifs.
Ils ont ainsi pu déterminer pour la première fois qu'une telle atteinte est capable de provoquer une activation microgliale dans le cerveau avec une augmentation de l'expression des marqueurs des macrophages. Ils ont constaté aussi une perte neuronale dans le cortex, l'hippocampe et le thalamus. Les souris ont également montré des troubles d'orientation spatiale, de mémoire, etc.
Les chercheurs ont alors tenté de déterminer quels étaient les facteurs qui entraient jeu. En découvrant les mécanismes moléculaires, ils ont pu ainsi traiter les souris lésées et atténuer les effets de la lésion par des inhibiteurs sélectifs d'une kinase cycline dépendante, ce qui ouvre peut-être la voie à une prévention efficace des conséquences d'un traumatisme médullaire sur le cerveau comme une inflammation, la perte de substance ou des symptômes dépressifs et inverser ceux-ci.