Déprivation androgénique pour traiter le cancer de la vessie
Un poster présenté au congrès de l'EMUC 2014 indique qu'un traitement de déprivation androgénique chez des patients avec un cancer de la prostate, permet de diminuer le risque de récidive d'un cancer de la vessie concomitant.
Différents travaux de recherche fondamentale indiquent que les récepteurs pour les androgènes sont impliqués dans le développement des cancers de la vessie. Il était logique, dès lors, de se poser la question de savoir si un traitement par déprivation androgénique ne pourrait pas constituer une option thérapeutique dans ce type de cancer. Or ce type de traitement est très fréquemment utilisé dans le cancer de la prostate, et il existe un certain nombre de ces patients qui présentent un cancer de la vessie concomitant.
Etude rétrospective sur des cas de double cancer
C'est dans cette optique que les spécialistes japonais ont mené cette étude rétrospective multicentrique de cohorte portant sur des patients qui présentaient à la fois un cancer de la prostate et un cancer de la vessie. L'objectif était d'évaluer l'effet d'un traitement anti-androgénique sur les récidives de cancer de la vessie. Les critères d'évaluation étaient donc la survie sans récidive (Recurrence Free Survival ou RFS) et le taux cumulatif de récidives du cancer de la vessie. Ceux-ci étaient déterminés sur un groupe de 86 patients sous traitement de déprivation androgénique et 76 patients qui ne recevaient pas ce type de traitement.
Diminution significative du risque de récidive
Les résultats montrent que les patients sous traitement anti-androgénique présentaient un risque significativement moindre de récidive de leur cancer de la vessie (RFS à 5 ans chez 76% d'entre eux contre 40% des patients non traités de cette manière; p<0.001).

Figure 1
Recurrence Free Suvival
Les taux cumulatifs de récidive étaient eux aussi significativement inférieurs chez les patients de ce groupe (taux cumulatif de récurrence à 5 ans: 0.44 dans le premier groupe contre 1.54 dans le second; p<0.001). Une analyse multivariée indique que le traitement de déprivation androgénique constitue un facteur pronostique indépendant de récidive d'un cancer de la vessie (HR=0.240; 95% CI=0.119-0.483; p<0.001).

Tableau 1
Analyse uni et multivariée
A noter que les patients qui recevaient le traitement anti-androgénique étaient plus âgés et présentaient des taux de PSA ou un score de Gleason plus élevés que les patients du groupe non ainsi traité.
Initier une étude clinique ?
Sur base des résultats de cette première étude montrant qu'un traitement de déprivation androgénique permet de réduire le risque de récidive d'un cancer de la vessie, les auteurs posent légitimement la question de l'intérêt de ce type de traitement dans le cancer de la vessie.