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Prothèse du genou: l'obésité est-elle toujours une contre-indication ?

La question se pose avec plus d'acuité aujourd'hui, considérant l'épidémie d'obésité et les complications musculo-squelettiques associées. Jusqu'il y a peu, l'obésité était une contre-indication reconnue à la mise en place d'une prothèse unicompartimentale du genou, mais les choses sont peut-être en train de changer ...

9 décembre 2014

Les auteurs de cette nouvelle étude1 sont partis de l'hypothèse que l'obésité ne représente peut-être plus une contre-indication à la mise en place d'une prothèse unicompartimentale du genou en termes de résultat clinique et de survie des implants. L'étude rétrospective a inclus 215 prothèses posées entre 1994 et 2008. Deux groupes ont été constitués, le premier avec 54 prothèses chez des patients avec un BMI > 30, le deuxième avec 161 prothèses chez des patients avec un BMI <30. Les caractéristiques démographiques des deux groupes sont comparables.

Du pour et du contre
Avec un recul moyen de 5,7 ans, il apparaît que les scores IKS et de la Mayo Clinic sont statistiquement meilleurs dans le groupe avec un BMI <30 (p < 0,005). La flexion moyenne est aussi meilleure dans ce groupe avec 120,7 degrés contre 115,2 (p = 0,003) alors que l'extension est comparable. On n'observe par contre pas de différence significative entre les deux groupes sur le taux de complications post-opératoires, l'usure du PE, la progression arthrosique (p = 0,6) ou le mauvais positionnement des implants (p = 0,28). A noter qu'en cas de BMI >30, les échecs sont plus précoces, survenant surtout dans les deux premières années (66%). La survie cumulée à 10 ans est de 90% dans les deux groupes.

Pas de c/i
Pour les auteurs de l'étude, il faut s'attendre à de moins bons résultats avec une prothèse unicompartimentale du genou dans un contexte d'obésité mais les résultats sont comparables entre les deux groupes en termes de satisfaction des patients et de survie des implants. En prenant en compte la faible morbidité de cette intervention en comparaison avec les prothèses totales de genou et les résultats obtenus, l'obésité n'apparaît plus à ce jour être une contre-indication absolue à la mise en place d'une prothèse unicompatimentale.

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