Facteurs de risque pour la perte auditive chez les diabétiques de type 2
Les diabétiques présentent une perte auditive plus marquée que les non-diabétiques. Les facteurs qui interviennent à cet égard dans le diabète de type 2 sont la dégénérescence vasculaire et neurologique, mais probablement aussi le stress oxydatif résultant de l'hyperglycémie. Le mécanisme de ce dernier processus n'est cependant pas entièrement élucidé.
L'objectif de la présente étude consistait d'une part à identifier les facteurs de risque de perte auditive chez les diabétiques de type 2, et d'autre part à élucider la relation entre le stress oxydatif et la perte auditive.
Observations
Entre mars et septembre 2011, 68 patients ambulatoires atteints de diabète de type 2 ont été recrutés au sein du Kaohsiung Chang Gung Memorial Hospital (Taiwan). Le seuil auditif a été déterminé par audiométrie (conduction aérienne et osseuse). Une perte auditive a été mise en évidence chez 47,1 % de ces patients. Celle-ci a été définie comme une perte moyenne supérieure à 25dB HL (Decibel Hearing Level= niveau d'audition en décibels, indiquant l'écart du seuil d'audibilité par rapport aux valeurs normales), dans chaque oreille pour les tons purs mesurés à 500, 1.000 et 2.000 Hz. Le rapport entre l'excrétion d'albumine/créatinine dans l'urine était plus élevé chez les patients présentant une perte auditive que chez les patients sans perte auditive (223,1 contre 56,5 mg/g). Aucune différence significative n'a été relevée entre les groupes en termes de stress oxydatif.
Après correction
Après correction pour l'âge, le sexe, l'IMC, la créatinine sérique, l'eGFR, l'HbA1c, le profil lipidique, l'hs-CRP sérique et la tension artérielle, l'association entre le rapport albumine/créatinine dans l'urine et la perte auditive a été confirmée avec un OR=9,7 (1,73-47,43 ; p=0,009).
Lorsque l'on considère la perte auditive comme une variable continue, on observe une relation linéaire directement proportionnelle au rapport albumine/créatinine dans l'urine et à la créatinine sérique, mais une relation inversement proportionnelle à la filtration glomérulaire, après correction pour l'âge et le sexe.
À retenir
Cette étude n'a mis en évidence aucune relation entre la perte auditive et le stress oxydatif ; par contre, elle a bien identifié une relation entre la perte auditive et le rapport albumine/créatinine dans l'urine. La sévérité de la perte auditive est déterminée par la détérioration de la fonction rénale. Dépister la perte auditive chez les diabétiques de type 2 qui développent une albuminurie pourrait donc favoriser la détection précoce de cette perte auditive.