BPCO : La santé dans l'assiette
S'occuper de l'alimentation des sujets atteints de BPCO n'est a priori pas la préoccupation essentielle du pneumologue, pourtant le statut nutritionnel de ces patients est un élément important du pronostic
Chez les patients BPCO, en particulier au-delà de 65 ans, les déficiences nutritionnelles sont fréquentes, elles influencent défavorablement le déclin de la fonction respiratoire et la perte de masse maigre, et la diminution de la force musculaire qu'elles entraînent contribue à la sédentarité voire à la perte d'autonomie.
Il a déjà été montré que la prescription de suppléments nutritionnels oraux pouvait contribuer à minimiser certains de ces problèmes, mais ce n'est pas leur seul atout.
Une récente étude américaine montre en effet que la prescription de suppléments nutritionnels oraux chez des sujets de plus de 65 ans hospitalisés pour BPCO s'accompagne de bénéfices particulièrement intéressants en termes de santé publique.
Au sein d'une cohorte de près de 380.000 sujets de plus de 65 ans couverts par le système Medicare et hospitalisés pour BPCO, les investigateurs ont isolé un échantillon de plus de 14.000 sujets appariés un à un comprenant des sujets ayant reçu des suppléments nutritionnels oraux pendant leur hospitalisation ou n'en ayant pas reçu.
Au bilan, trois avantages très nets en faveur des suppléments nutritionnels oraux, une durée d'hospitalisation raccourcie de presque 2 jours (6,9 versus 8,8 jours), une réduction des frais d'hospitalisations de plus de 1.500 dollars (10.953 versus 12.523 dollars) et une probabilité de réhospitalisation endéans les 30 jours diminuée de 13%. Chacun de ces trois bénéfices est statistiquement significatif (p < 0,01).