PTSD : les soins par le fil...
La télémédecine apporte beaucoup d'avantages. Des chercheurs l'ont testée au cours d'un travail collaboratif pour des patients souffrant de PTSD.
Les troubles liés au syndrome de stress post-traumatique (PTSD) sont liés à une grande prévalence, mais aussi à une persistance importante et peuvent même participer au développement d'incapacités. La psychothérapie et la pharmacopée permettent de les prendre en charge efficacement, mais des chercheurs américains constatent que tous n'y ont pas accès en raison des distances à parcourir.
Ils ont voulu savoir si les soins collaboratifs basés sur la télémédecine pouvaient lever un certain nombre de freins que les thérapeutes rencontrent aujourd'hui. L'étude répond à l'acronyme TOP, pour Telemedicine Outreach for PTSD. Les patients ont été recrutés parmi des Vétérans vivant en milieu rural. Les critères d'inclusion consistaient en un diagnostic de PTSD. En étaient exclus, les patients recevant déjà un traitement, ceux présentant une schizophrénie, un trouble bipolaire ou une addiction. En tout, les chercheurs ont réuni 265 vétérans enrôlés entre 2009 et 2011. Ils ont été randomisés en deux groupes : l'un recevant des soins habituels, l'autre une intervention par télémédecine (TOP). Les patients ont bénéficié d'un suivi de 12 mois.
L'intervention TOP a impliqué une infirmière, un pharmacien, un psychologue et un psychiatre communiquant par téléphone pour les deux premiers, par téléphone et par vidéo pour les deux derniers.
L'objectif des chercheurs était d'évaluer la différence de scores entre les groupes sur une échelle PTSD, mais aussi les traitements prescrits et l'adhérence des patients tant au traitement médical qu'à la thérapie cognitive proposée.
Durant les 12 mois de suivi, 73 des 133 patients du groupe TOP, et 16 des 132 de l'autre groupe, ont reçu une thérapie cognitive, soit 18 fois plus dans le TOP. Les chercheurs ont constaté que les patients du groupe TOP ont bénéficié d'une réduction significativement plus importante de leur score de PTSD comparativement à l'autre groupe, à 6 et à 12 mois. Il n'y a pas de différence entre les groupes en ce qui concerne le nombre de médicaments reçus et l'adhérence au traitement. Les chercheurs ont aussi constaté que la présence à au moins 8 séances constitue un facteur de réussite de l'intervention à 12 mois.
Le travail collaboratif entre différents intervenants et le patient est donc possible et efficace afin d'améliorer l'état des patients souffrant de PTSD.