Une saison suffit...
Lors du dernier congrès de la Radiological Society of North America, le plus grand congrès mondial de médecine, des chercheurs ont révélé les résultats étonnants de leurs travaux sur les séquelles de choc subits au cours d'une seule saison de football...
Avec le basket et le baseball, le football dit " américain " constitue un sport phare aux USA et commence à prendre ses marques sur le Vieux Continent aussi. Les enfants commencent très jeunes, mais la véritable compétition débute dès que les élèves entrent en High School (de 14-15 ans à 18 ans). C'est pour cette raison que Christopher Whitlow et ses collègues de la Wake Forest School of Medicine (Winston-Salem, NC, USA) ont mené une étude grâce à l'imagerie par tenseurs de diffusion (DTI) afin de découvrir des modifications de la matière blanche chez ces jeunes joueurs alors qu'ils n'avaient pas souffert de commotion cérébrale durant la saison.
Ils ont comparé les garçons qui avaient reçu les coups les plus violents par rapport aux autres. Leur hypothèse était que ceux qui reçoivent les impacts les plus importants présentent aussi des lésions plus importantes de la matière blanche.
En tout, ils ont sélectionné 24 joueurs d'un âge moyen de 16,7 ans. Ces garçons ont été équipés d'un casque spécial permettant de mesurer les impacts reçus sur la tête durant l'entrainement et les matchs. Les images en DTI ont été acquises avant et après la saison grâce à une IRM 3 Tesla.
Le casque a permis de déterminer que 9 joueurs avaient reçu les chocs les plus importants sur la tête par rapport aux 15 autres restants. Aucun des joueurs n'a subi de commotion. Dans les deux groupes, les chercheurs ont constaté une augmentation de l'anisotropie au cours du temps signifiant que, la saison avançant, les lésions sur la matière blanche sont plus importantes.
Par ailleurs, ils ont pu distinguer aussi assez facilement les joueurs ayant reçu le plus de chocs par rapport aux autres.
Autrement dit, en une saison seulement sans qu'il y ait eu de commotion, il peut survenir des lésions importantes au niveau cérébral. Cependant, on regrette qu'il n'y ait pas eu de groupe contrôle non-sportif ou de groupes pratiquant une autre activité sportive...