Corticoïdes inhalés et BPCO, les enseignements de la vraie vie
La mise en commun des données de résidents d'une région précise de l'Ecosse dans laquelle chaque individu est identifié par un matricule personnel que l'on retrouve dans les différents registres sanitaires, a permis de se faire une idée précise du risque de l'utilisation des corticoïdes inhalés en cas de BPCO dans la " vraie vie ".
Le travail a été mené sur les données de 4.305 sujets BPCO dont 1.062 qui n'avaient pas été exposés à des corticoïdes inhalés et 3.243 qui y avaient été exposés et représentaient une exposition globale équivalente à 17.229 personnes-années. Dans le cadre d'un suivi moyen représentant 4.508 patients-années, les investigateurs ont répertorié 239 cas de diabète incidents, 265 cas d'aggravation d'un diabète préexistant, 550 hospitalisations pour pneumonie, 288 hospitalisations pour fracture et 505 cas d'admissions en relation avec une cataracte.
Il ressort de l'analyse multivariée que le recours aux corticoïdes inhalés n'est pas significativement associé à un risque accru de diabète incident (HR 0,70 ; IC 95% 0,43-1,12), ni d'aggravation d'un diabète préexistant (HR 0,57 ; IC 95% 0,24-1,37), il y aurait même plutôt une tendance numérique à un certain degré de protection. Pas non plus d'association significative avec un risque de fractures nécessitant une hospitalisation (HR 1,08 ; IC 95% 0,73-1,59).
L'analyse corrobore en revanche la notion d'un risque accru d'hospitalisations pour pneumonies chez les sujets exposés aux corticoïdes inhalés, le risque relatif étant majoré en moyenne de 38% avec des extrêmes allant de +9% à +74%. Enfin, il existe également une association significative de l'exposition aux corticoïdes inhalés avec les admissions pour cataracte (HR 1,42 ; IC 95% 1,07-1,88).
Comme le soulignent les investigateurs, connaître le profil d'effets secondaires auxquels on peut s'attendre en cas d'usage des corticoïdes inhalés dans la BPCO est d'autant plus important qu'ils sont fréquemment utilisés en dépit de l'absence de preuves formelles de leur utilité. Voilà donc de quoi mieux apprécier le rapport bénéfice hypothétique/risque réel.