Modifier le cours évolutif de la BPCO...Yes we can.
Dans le cadre d'une mise au point générale, une équipe française rappelle à bon escient que la BPCO n'est pas qu'une affection pulmonaire mais aussi, voire surtout, que la réhabilitation pulmonaire est un élément clé d'une prise en charge visant une modification du cours évolutif. Voici les points essentiels.
La stratégie thérapeutique à mettre en oeuvre face à une BPCO doit être guidée par la sévérité du retentissement systémique de l'atteinte pulmonaire.
Indépendamment du stade de sévérité de la maladie, le sevrage tabagique est indispensable en raison de ses multiples bienfaits, ralentissement du déclin de la fonction pulmonaire, diminution de la symptomatologie respiratoire et de la fréquence des exacerbations, amélioration de la tolérance à l'effort et réduction de la mortalité globale.
Les agents bronchodilatateurs (ß2-agonistes ou/et anticholinergiques) sont la pièce maitresse de la prise en charge médicamenteuse. Les formes inhalées à longue durée d'action sont à utiliser dès lors que les difficultés respiratoires perdurent en dépit du recours à un bronchodilatateur de courte durée d'action plusieurs fois par jour. Ces agents contribuent à modifier le cours évolutif de la maladie, notamment en réduisant la fréquence des exacerbations.
Les corticoïdes ne devraient être utilisés que par voie inhalée, sous forme d'association fixe avec un bronchodilatateur à longue durée d'action. Les patients susceptibles de tirer le meilleur bénéfice de ces associations sont ceux chez qui les exacerbations se répètent en dépit d'un traitement continu par bronchodilatateur.
La réhabilitation pulmonaire est à proposer à tout patient dont la BPCO engendre une dyspnée, s'accompagne d'une intolérance à l'effort ou limite les activités quotidiennes, alors que la BPCO et ses éventuelles comorbidités bénéficient d'une prise en charge optimale. Le caractère multidisciplinaire de cette réhabilitation et sa nature individualisée permettent d'améliorer la condition et les performances physiques, renforcent l'insertion sociale, contribuent à l'autonomie des patients. Par ailleurs, en diminuant la fréquence des exacerbations, des consultations en urgence et en réduisant les durées des éventuelles hospitalisations, elle contribue à la diminution des coûts sanitaires. Enfin, la réhabilitation constitue un moment privilégié pour l'éducation thérapeutique, élément essentiel pour obtenir les changements durables de comportement qui vont conduire à l'amélioration de l'état de santé et de la qualité de vie des patients.