La prévention de l'infarctus myocardique chez les diabétiques
Une étude prospective portant sur l'impact de l'exercice physique et de l'IMC sur l'association existant entre le diabète et un infarctus myocardique aigu chez des patients indemnes de maladies cardiovasculaires prévalentes fournit des arguments probants qui doivent convaincre les diabétiques de prendre la prévention de l'infarctus myocardique au sérieux.
Dans le cadre de cette étude, 55.543 hommes et femmes issus de l'étude norvégienne HUNT ont été suivis, après une hospitalisation pour un premier infarctus myocardique aigu.
Plus qu'un doublement
Globalement, au cours d'un suivi de 12,3 ans, on a enregistré 1.887 infarctus myocardiques aigus. Le diabète était associé à un risque accru d'infarctus myocardique aigu, plus encore chez les femmes que chez les hommes. Chez les diabétiques sédentaires, le risque de premier infarctus myocardique était plus que doublé (HR 2,37) comparativement aux diabétiques pratiquant une activité physique (HR 1,04), chez qui le risque était par ailleurs comparable à celui des non-diabétiques sédentaires.
On a constaté la même chose en ce qui concerne la surcharge pondérale. Chez les individus obèses, le diabète était associé à une augmentation de plus de deux fois du risque de premier infarctus myocardique (HR 2,55), tandis que le risque était nettement plus faible chez les diabétiques ayant un poids normal (HR 1,60).
Les diabétiques les plus actifs, ayant un poids normal, ont vu leur risque d'infarctus myocardique réduit de moitié par rapport aux diabétiques sédentaires souffrant d'une surcharge pondérale ou d'obésité. Les diabétiques en surcharge pondérale mais physiquement actifs courent le même risque que les diabétiques de poids normal mais sédentaires.
En bref
La pratique d'une activité physique récréative et le contrôle pondéral ont une efficacité cumulative sur le plan de la prévention primaire de l'infarctus myocardique aigu chez les diabétiques. Ces deux paramètres améliorent les facteurs de risque cardiovasculaire, à savoir la tension artérielle, le profil lipidique et la composition de l'organisme en cas d'augmentation de l'activité physique, et le contrôle glycémique, la sensibilité à l'insuline, la tension artérielle et le profil lipidique dans le cas de l'obtention et du maintien d'un IMC normal. En termes de prévention, la combinaison de ces deux mesures est meilleure que chacun des éléments constitutifs considéré isolément. Et heureusement pour les diabétiques, l'exercice physique et le contrôle du poids constituent des facteurs modifiables.