PremiumRhumatologie

Infections prothétiques de hanches: cherchez le germe

C'est une complication sévère avec des germes qui sont en général bien connus. Mais parfois un intrus se glisse dans la prothèse et vient tout compliquer ...

6 janvier 2015

Le nombre d'arthroplasties de la hanche ou du genou augmente en raison du vieillissement de la population. L'infection de la prothèse en est une complication sévère mais rare, de 0,3 à 1,7% selon les séries publiées. Elles sont un vrai problème pour le patient et le chirurgien, avec dans la plupart des cas une reprise et une ré-hospitalisation. Les bactéries le plus souvent incriminées (50% des cas) sont des staphylocoques dorés ou des staphylocoques coagulase négative, suivis par les entérobactéries, les streptocoques ou Propionibacterium acnes.

Cherchez l'intrus
Ce patient de 60 ans a bénéficié d'une arthroplastie totale de hanche à couple friction métal- métal droite effectuée suite à une nécrose aseptique de la tête fémorale1. Sept ans plus tard, il consulte pour des douleurs de hanche, un tableau de sepsis avec un état fébrile à 39,6°, une hypotension et une tachycardie. Une antibiothérapie à large spectre est débutée. Un CT-scan du bassin montre un aspect hétérogène et mité de la partie proximale du fémur avec effraction de la corticale. La culture du liquide ponctionné permet d'identifier une listeria monocytogenes sérotype 1/2a. L'antibiothérapie est modifiée avec une association iv d'amoxicilline et gentamycine. L'infection nécessite un retrait de la prothèse et la mise en place d'un spacer cimenté. Dix semaines plus tard, une nouvelle prothèse est implantée, associée à une ostéosynthèse du grand trochanter en raison d'une ostéolyse majeure et de l'effraction de la corticale.

Une origine alimentaire
Ce germe est rarement décrit dans les infections de prothèses de hanche. L'origine de l'infection est vraisemblablement alimentaire avec une dissémination hématogène. Le patient présente un tableau de sepsis dont le point de départ est la collection périprothétique. Dans une série de 43 patients avec une infection ostéo-articulaire à listeria monocytogenes, le temps moyen entre la pose de la prothèse et l'infection était de 9 ans. Le traitement conservateur de l'infection est difficilement envisageable par le fait que la listeria survit dans les macrophages et forme un biofilm protecteur.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Infection par le VIH : Un facteur de risque indépendant d’ostéoporos

L’infection par le VIH est identifiée comme un facteur de risque indépendant d’ostéoporose, avec une diminution significative de la densité minérale osseuse chez les personnes séropositives.

Ostéopathies liées au méthotrexate : une complication rare, grave et mal identifiée

Parmi les milliers de patients atteints de maladies rhumatismales, certains présenteront un jour une ostéopathie induite par le méthotrexate. C’est une complication rare mais grave à laquelle on ne pense pas toujours. Quels sont les signes d’alerte ?

Polyarthrite rhumatoïde : pourquoi et comment décroître la corticothérapie ?

Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), l’EULAR positionne les corticostéroïdes (CS) comme un traitement d’appoint, l’ACR les déconseille si possible. Là où les 2 sociétés se rejoignent, c’est sur l’absolue nécessité d’un sevrage à 3 mois. Malgré ces recommandations, 80% des patients sont toujours sous CS à 1 an avec les risques intrinsèques. Dans ce contexte, il faut se poser 3 questions1. Les CS sont-ils nécessaires ? Quels sont les risques ? Comment réaliser le sevrage dans de bonnes conditions ?

Un plan national de prise en charge de la douleur est nécessaire, plaident les algologues

L'Association flamande d'anesthésiologie pour la prise en charge de la douleur et l'Association professionnelle belge des médecins spécialistes en anesthésie et réanimation (Apsar) plaident pour un plan national de prise en charge de la douleur.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
02 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine