Cigarette électronique, Cochrane s'en mêle
La première revue Cochrane apporte quelques données initiales sur la cigarette électronique comme aide à l'arrêt et la réduction de la consommation de tabac.
Les cigarettes électroniques font partie de notre paysage et leur popularité s'est fortement accrue ces derniers temps. Le présupposé concernant ces e-cigarettes est qu'elles devraient faire mieux que les substituts nicotiniques parce qu'elles ne se contentent pas d'offrir aux fumeurs leur ration de nicotine. En effet, elles délivrent la nicotine à la demande, de la même façon que lorsque l'on fume, recréant ainsi les épisodes de " hit " recherchés par les fumeurs. De plus, elles permettent de préserver la gestuelle habituelle puisqu'il s'agit d'un outil sur lequel il faut " tirer " et que cela engendre la formation d'une vapeur qui ressemble à la fumée. Autant d'atouts qui contribuent à leur succès.
Pour autant, à ce stade, leur contribution à l'arrêt ou à la réduction de la consommation de tabac reste très mal cernée et la seule certitude est que ce nouveau véhicule n'expose ni les fumeurs, ni les autres aux dangers de la fumée de cigarette.
La première revue Cochrane se base essentiellement sur les résultats de deux études randomisées ayant concerné 662 fumeurs ainsi que sur les données émanant de 11 études observationnelles.
Globalement, la revue montre que les cigarettes électroniques dont les cartouches renferment de la nicotine aident plus efficacement les fumeurs à arrêter que celles dont les cartouches ne renferment qu'un placebo. Avec les cartouches à la nicotine, le taux sevrage à 1 an est d'environ 9% versus environ 4% pour les cartouches sans nicotine. Même supériorité des e-cigarettes délivrant de la nicotine pour la réduction de consommation (minimum 50% de diminution), soit 36% versus 28% pour les e-cigarettes placebo. Il n'y a qu'un seul essai ayant comparé e-cigarette avec nicotine et patch et les résultats suggèrent une efficacité identique des deux approches.
A noter encore que la comparaison des données de fumeurs utilisant la e-cigarette ne révèle pas de différence par rapport aux fumeurs n'en utilisant pas, mais il s'agit de résultats à court terme (maximum deux ans d'exposition).
A suivre et pour mémoire rappelons le travail récent conduit pas nos collègues d'Antwerpen et de Leuven