À propos du risque cardiovasculaire des stérols végétaux
Les phytostérols, un nom collectif désignant les stérols et stanols végétaux, abaissent le cholestérol LDL : un supplément de 2 g/jour entraînerait une diminution de 10 % du cholestérol LDL, sans modifier le cholestérol HDL. Toutefois, la relation entre des taux élevés de stérols végétaux et l'athérosclérose n'est pas tout à fait élucidée.
Les stérols végétaux (sitostérol et campestérol) possèdent dans leur structure une double liaison dont les stanols végétaux (sitostanol et campestanol) sont dépourvus. Leur structure chimique est par ailleurs identique. Les phytostérols, qui ne sont eux-mêmes pas absorbés dans l'intestin, empêchent l'absorption intestinale du cholestérol, augmentant ainsi la quantité de cholestérol excrétée dans les fèces.
Des résultats contradictoires
Toutefois, des taux élevés de stérols végétaux peuvent avoir des effets néfastes. On sait par exemple que la sitostérolémie, une maladie génétique, est associée à une athérosclérose prématurée, alors que les taux de LDL ne sont que légèrement augmentés.
Plusieurs études ont analysé la relation entre les taux de stérols végétaux et les maladies cardiovasculaires, mais les résultats sont contradictoires. De grandes études prospectives et des études d'association pangénomiques suggèrent une relation directement proportionnelle entre les taux de stérols végétaux et le risque cardiovasculaire, tandis que d'autres études ont constaté une relation inversement proportionnelle. Actuellement, on ne peut donc ni confirmer, ni infirmer cette relation. Selon des chercheurs de Dijon, ceci ne serait possible qu'au moyen d'une étude interventionnelle prospective.
Stérols versus stanols
Dans un deuxième article paru dans le même périodique, les chercheurs de l'université de Nantes ont examiné les résultats d'études à long terme avec des phytostérols et ont comparé les effets des stanols et des stérols sur les lipides et les marqueurs de substitution du risque cardiovasculaire.
La plupart des études qui prouvent l'effet des phytostérols sur le taux de cholestérol LDL sont de courte durée. Toutefois, dans quatre études d'une durée supérieure à six mois, l'effet a pu être maintenu, bien que certaines études suggèrent que ceci serait le cas pour les stanols, alors que l'effet des stérols diminuerait au fil du temps. Les données sont cependant trop limitées pour tirer des conclusions définitives.
La diminution du taux de cholestérol LDL induite par les phytostérols a pu être confirmée dans des études in real life, quoique dans une moindre mesure que lors du suivi strict des études cliniques.
En l'absence de données au sujet de la morbi-mortalité cardiovasculaire, les marqueurs de substitution du risque cardiovasculaire n'ont pas pu démontrer d'effet bénéfique.