Diabète et éjaculation précoce, une certaine corrélation
Bien que la prévalence de l'éjaculation précoce soit comparable chez les hommes jeunes, qu'ils soient ou non atteints de diabète de type I, il existe une corrélation entre une plus grande variabilité glycémique dans le domaine de l'hypoglycémie et ce trouble sexuel. L'article émane d'une équipe italienne et vient d'être publié dans le Journal of Sexual Medicine.
Des chercheurs de l'Université de Naples ont analysé la prévalence de l'éjaculation précoce chez des hommes jeunes présentant un diabète de type I. Les données provenaient de 100 sujets diabétiques de type I âgés de moins de 40 ans et elles ont été comparées avec celles de 51 sujets contrôle sans diabète.
Outils d'analyse et sous-groupes
Dans un sous-groupe de 30 patients diabétiques (20 patients présentant un problème d'éjaculation précoce et 10 n'en présentant pas), la variabilité des taux sanguins de glucose a également été évaluée. Pour déterminer la présence d'une éjaculation précoce, deux outils diagnostiques étaient utilisés: le PEDT (Premature Ejaculation Diagnostic Tool) et le temps de latence moyen d'éjaculation intravaginale estimé par le patient lui-même (self assessed IELT ou Intravaginal Ejaculation Latency Time). La variabilité des taux de glucose sanguins a été évaluée par l'intermédiaire d'un monitoring continu de la glycémie. Ont été ainsi calculés, l'amplitude moyenne des excursions glycémiques, des indices de risque d'hypo- ou d'hyperglycémie (Low Blood Glucose Index ou LBGI et High Blood Glucose Index ou HBGI) standard des taux sanguins de glucose .
Pas d'influence globale du diabète de type I
Les résultats de l'analyse ne montrent aucune différence significative de la prévalence de l'éjaculation précoce dans les groupes étudiés. Des scores pathologiques de PEDT et d'IELT ont été observés chez 24% des patients diabétiques et chez 23,5% des sujets non diabétiques. Le taux d'hémoglobine glycosylée (HbA1) était, par contre, significativement associé avec le score PEDT (p=0.006), ainsi qu'avec le score IELT (p=0.01). Une corrélation a été mise en évidence entre le score PEDT et des indices LBGI (p=0.01) mais non avec la déviation standard des taux de glucose sanguin (BGSD ; p=0.6), l'amplitude moyenne des excursions glycémiques (MAGE ; p=0.4) ou des indices HBGI (p=0.6) dans le sous-groupe évalué pour la variabilité de la glycémie.
Corrélation avec la variabilité glycémique
Les auteurs concluent, dès lors, que chez les patients diabétiques de type I présentant un problème d'éjaculation précoce, la variabilité glycémique dans le domaine de l'hypoglycémie est associée de manière statistiquement significative au score PEDT.