Pourquoi les magazines des salles d'attente sont-ils périmés et peu croustillants ?

Bien décidés à trouver une réponse scientifique à cette question existentielle, le Pr Bruce Arroll et deux de ses collègues néo-zélandais ont pisté le devenir des 87 magazines placés dans la salle d'attente du cabinet d'un médecin d'Auckland et dévoilé les résultats de leur enquête dans l'édition de Noël du British Medical Journal. Une édition qui fait la part belle aux articles décalés et quelque peu facétieux.
Numérotées individuellement et recensées selon leur catégorie - à potins (avec au moins 5 photos de célébrités en couverture), à bons gros potins (au moins 10 photos de stars) et sans potins (magazines d'informations politiques et économiques comme Time, The Economist, National Geographic...), les 87 revues ont été mélangées, réparties en trois piles et laissées à la libre disposition des patients. La quasi-totalité des titres avait moins d'un an et plus de la moitié d'entre eux moins de deux mois.
Au bout d'un mois, 41 magazines avaient disparu, soit près d'un sur deux, ce qui correspond à 1,32 revue chapardée par jour. Outre les publications les plus récentes, c'est la presse " people " qui a eu le plus de succès. Les magazines qui relèvent de cette catégorie sont 14 fois plus susceptibles d'être subtilisés que ceux d'autres genres. D'ailleurs aucune des revues d'actualité plus sérieuses n'avait été dérobée lors de cette expérience !
Les chercheurs ont étendu leurs calculs aux 8.000 cabinets médicaux du Royaume-Uni ce qui leur a permis d'estimer le coût total des vols à plus de 16 millions d'euros. Un montant loin d'être négligeable. D'où leur conseil : éviter de proposer des magazines " people " dans les cabinets médicaux mais privilégier ceux plus sérieux et fournir des anciens numéros.