Rhume et crises d'asthme
Un simple test sanguin pourrait bientôt repérer les asthmatiques à risque d'exacerbation en cas d'infection par rhinovirus
Le rhume banal est dans la très grande majorité des cas lié à une infection par un rhinovirus. Si cette infection est en général très bien supportée par le commun des mortels, il n'en va pas de même pour les asthmatiques chez qui le rhume n'est en réalité jamais banal, d'une part parce qu'il est moins bien supporté et d'autre part en raison du risque de déclenchement d'une exacerbation.
S'il est parfaitement possible de documenter la présence d'un rhinovirus par PCR, cette détection n'a guère d'utilité pratique puisque cela ne permet pas de savoir si la souche impliquée dans l'infection fait courir un risque particulier ou prédispose à la survenue d'une exacerbation chez le sujet asthmatique.
Une équipe d'investigateurs austro-britanniques s'est donc attachée à rechercher un moyen d'identifier les sujets les plus à risque d'exacerbation. Pour ce faire, ils ont infecté par un rhinovirus des sujets asthmatiques et des sujets sains dans des conditions strictement contrôlées et ont analysé les réponses immunes à cette infection.
Ils ont ainsi pu montrer que les asthmatiques ayant développé une exacerbation se caractérisaient par une expression significativement plus élevée d'anticorps dirigés contre la protéine structurelle VP1 que l'on retrouve dans la totalité des quelque 150 souches de rhinovirus identifiées à ce jour.
La détection de cette protéine peut donc tout à la fois servir de test diagnostique d'infection par un rhinovirus et de test permettant de repérer les sujets à risque d'exacerbation.
Cette découverte constitue également une étape vers le développement d'un vaccin, sous réserve que l'on détermine la ou les souches virales qui prédisposent aux exacerbations, ce dont s'occupe activement le projet de recherche européen Predicta.