Vers une thérapie génique des infections urinaires ?
Des chercheurs de l'Ecole de médecine de l'Université du Michigan ont identifié des gènes bactériens qui favorisent l'extension des infections et pourraient constituer une nouvelle cible pour le traitement des infections de l'appareil urinaire.
On sait que les infections urinaires peuvent apparaître sans cause apparente et que l'efficacité des antibiotiques dans le traitement de ces infections tend à s'atténuer. Il devient ainsi de plus en plus difficile de déterminer quel antibiotique choisir.
Expression de gènes spécifiques par E. Coli
Dans ce travail de recherche, l'équipe américaine met en évidence les gènes spécifiquement exprimés par l'Escherichia Coli qui est la bactérie la plus fréquemment en cause dans l'apparition d'infections urinaires chez des sujets par ailleurs sains.
Sujets résistants aux antibiotiques classiques
L'étude a inclus 42 femmes présentant une infection urinaire. Chez ces patientes, 7,7% des infections étaient résistantes à la ciprofloxacine et 15,3% à l'association de triméthoprim et de sulfaméthoxazole (cotrimoxazole) qui font partie des antibiotiques les plus fréquemment prescrits en cas d'infection urinaire.
Gènes et ions métalliques
Des techniques de dépistage génétique ont alors été utilisées pour mieux comprendre les mécanismes de ces infections. Ces données ont permis de montrer que les gènes spécifiques de l'E. Coli qui venaient d'être mis en évidence aidaient à protéger les espèces bactériennes contre les effets toxiques de ces ions métalliques utilisés par l'organisme pour combattre l'infection. Ces gènes interviennent dans le transport d'ions comme l'efflux d'ions cuivre et l'influx d'ions nickel et potassium.
Potentiel thérapeutique
Les chercheurs suggèrent qu'une action sur ces mécanismes, ainsi que sur les autres mécanismes qui favorisent la survie des bactéries au sein des voies urinaires pourrait constituer une stratégie pour développer de nouveaux agents antimicrobiens. Reste à développer des traitements susceptibles de bloquer de manière spécifique les gènes en question.
Pour le Pr Harry Mobley, " Il est urgent de développer de nouvelles stratégies et de nouvelles approches préventives pour combattre les infections urinaires qui deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques classiques ". Il rappelle que les infections urinaires sont plus fréquentes chez la femme et malgré leur apparence relativement banale, elles sont une source non négligeable de perte de temps de travail, de consultations - notamment aux urgences - et, dès lors, de dépenses en soins de santé.