Prothèse totale de hanche: pourquoi tant de reprises?
La fracture péri-prothétique est la quatrième cause de révision dans les registres des prothèses totales de hanche (PTH). Les questions qui se posent sont de savoir quelle est la fréquence relative de cette cause de reprise, le terrain de survenue, le type de prothèse totale de hanche utilisé, les modalités de révision et la morbi-mortalité associée à l'intervention.
Cette vaste étude prospective épidémiologique1 a inclus 249 patients suivis sur une période de 2 ans et pour lesquels les données épidémiologiques, cliniques et chirurgicales étaient notées, ce qui devait permettre de répondre aux questions posées.
La 2ème cause de reprise
Dans cette étude, les fractures péri-prothétiques sont la deuxième cause de reprise de prothèse totale de hanche (11,8%). Les fractures sont essentiellement fémorales de stade B2 de Vancouver (51,5%). En comparant par rapport au reste de la cohorte, les patients repris sont plus âgés (67,9 ans versus 57,7 ans) avec des complications peropératoires plus fréquentes (16,9% versus 11,6%). Les prothèses totales de hanche initiales étaient majoritairement non cimentées avec plus de cupules à double mobilité. Les reprises pour fracture péri-prothétique étaient réalisées plus précocement par rapport au reste de la cohorte (9,8 ans versus 11,4 ans), avec aussi un temps opératoire plus long (144 minutes versus 128 minutes). La morbi-mortalité est importante avec 5,9% de complications opératoires et 12% de complications chirurgicales, avec 4,8% de décès au cours des 3 premiers mois, ce qui reste malgré tout comparable au reste de la cohorte.
Pour les auteurs, ces données correspondent peu à celles publiées dans les registres nationaux.