AVC : Les Belges en première ligne
Il n'est pas rare que nos scientifiques se distinguent dans la presse médicale internationale, mais la recherche de l'équipe du Pr Yves Vandermeeren (UCL-Mont-Godinne) vient de connaitre un retentissement dans la grande presse hors de nos frontières également...
La publication originale s'est faite dans le très sérieux journal Brain et concerne la neurorevalidation des patients hémiparétiques post-AVC. Des études pilotes avaient montré que la stimulation directe transcrânienne (tDCS) est capable de moduler l'activité cérébrale et d'accroitre les performances motrices. La méthode consiste simplement à appliquer un courant de faible voltage sur la tête du patient à l'aide d'électrodes pour de courtes périodes de temps. En 2012, une première étude a permis de démontrer que la méthode augmentait l'apprentissage de gestes moteurs et permettait de maintenir une mémoire à long terme.
Dans cette nouvelle étude, l'équipe a soumis 19 patients hémiparétiques soit à une stimulation réelle soit à une stimulation placebo, en double aveugle. Le geste appris sous stimulation devait être répété une semaine plus tard sous résonance magnétique fonctionnelle (fMRI). La semaine suivante, les patients étaient de nouveau soumis à une stimulation soit réelle si la première était placebo, soit placebo dans le cas contraire. Cela a permis d'évaluer chez un même patient l'effet réel de la stimulation, en limitant les biais. Les patients ne ressentant rien sous stimulation, ils n'ont pas pu être influencés.
Tous les patients ont effectivement bénéficié de la stimulation, leurs performances ayant été grandement améliorées.
Cependant, la fMRI montre également que la combinaison entre l'apprentissage et la stimulation améliorent aussi l'activité cérébrale. Après le placebo, l'activité cérébrale est très diffuse lors de la réalisation de la tâche alors qu'après stimulation réelle, cette activité est beaucoup plus concentrée dans des zones prémotrices et motrices, principalement dans le cortex prémoteur dorsal. Ceci s'accompagne évidemment d'une meilleure performance motrice. Les phénomènes de rétention sont également améliorés. Il s'agit donc pour bon nombre de patients de perspectives très encourageantes en matière de revalidation.