Sclérose en plaques : une greffe bienvenue...
La plupart des patients présentant une sclérose en plaques (SEP) rémittente-récidivante, même traités avec un médicament efficace, connaissent des troubles neurologiques.
Dans l'étude AFFIRM, comparant le natalizumab à un placebo, seuls 37% des patients traités par la molécule active n'ont pas développé de signes radiologiques ou cliniques de l'activité de la maladie après 2 ans. Dans CARE-MS II, comparant l'alentuzumab et un interféron, 32% des patients sous alentuzumab et 12% sous interféron n'ont pas montré de récidives radiologiques et cliniques en 2 ans de traitement. Cependant, toutes les études montrent aussi que l'arrêt du traitement peut conduire à une réactivation et n'est donc pas recommandé.
Depuis une vingtaine d'années, les recherches s'orientent également vers la greffe de cellules souches hématopoïétiques dans l'espoir de rétablir une fonction immunitaire normale. Cette technique a été utilisée chez des patients présentant un stade avancé de la maladie, avec un certain succès. Des chercheurs américains viennent de publier un article au sujet du traitement du même type, mais chez des patients atteints par la SEP à un stade précoce.
L'étude de phase 2 est, à point nommé, HALT-MS, pour Hematopoietic Cell Transplantation for Relapsing-Remitting Multiple Sclerosis. Les patients ont été soumis à un traitement immunosuppresseur intensif avec une transplantation de cellules souches hématopoïétiques autologues. Les résultats publiés concernent l'évaluation intermédiaire à 3 ans de 24 patients transplantés sur 25 sélectionnés. Ces patients avaient tous subi une récidive de la maladie avec perte de fonctions neurologiques dans les 18 mois avant l'inclusion dans l'étude.
Les résultats montrent qu'après 186 semaine, en moyenne, la survie sans évènement est de 78,4%. La survie sans progression et la survie sans récidive clinique sont respectivement de 90,9% et de 86,3%. De plus, les auteurs ont observé une amélioration des incapacités neurologiques, de la qualité de vie et des scores fonctionnels. Les effets secondaires sont ceux attendus par un tel traitement, mais on notera également l'absence totale de troubles neurologiques en relation avec le traitement. Il y a donc espoir qu'il s'agisse d'une future option thérapeutique, mais chez des patients qui devront être bien sélectionnés.