Le SSPT augmente-t-il l'incidence de diabète de type 2 ?
Dans l'étude Nurses' Health Study II, une étude longitudinale ayant inclus près de 50.000 femmes, les investigateurs ont étudié la relation entre des symptômes de SSPT (syndrome de stress post-traumatique) et l'incidence de diabète de type 2 pendant une longue période, soit 22 ans.
Le SSPT est un trouble mental de plus en plus fréquent. Des études transversales ont démontré l'existence d'une relation entre le SSPT et les facteurs de risque pour le diabète de type 2, comme l'obésité. Si le SSPT peut effectivement majorer l'incidence de diabète de type 2, on pourrait instaurer des mesures préventives dans les populations à haut risque.
Autorapportage
Le diagnostic de diabète de type 2 était posé sur la base de résultats d'autocontrôles de la glycémie, des symptômes et des médicaments. Pour le diagnostic du SSPT, les investigateurs ont utilisé une brève échelle de dépistage du SSPT (DSM IV). Les facteurs suivants, susceptibles d'interférer avec le risque de diabète de type 2, ont été suivis : IMC, tabagisme, alcool, qualité de l'alimentation, exercice physique et antidépresseurs.
Automédication contre le stress
Les auteurs ont constaté que plus le nombre de symptômes de SSPT est élevé, plus le risque de développer un diabète de type 2 est grand : HR 1,4 pour 1 à 3 symptômes, 1,5 pour 4 ou 5 symptômes et 1,8 pour 6 ou 7 symptômes. Chez les femmes souffrant de SSPT, le risque accru de développer un diabète de type 2 peut être attribué pour moitié à la prise d'antidépresseurs et à un IMC plus élevé. Le tabagisme, la qualité de l'alimentation, la consommation d'alcool et l'exercice physique n'ont pas d'impact supplémentaire sur l'incidence de diabète de type 2 chez ces femmes ayant vécu une expérience traumatisante.
Pour expliquer en partie leurs observations, les auteurs émettent l'hypothèse que les femmes se consoleraient par la nourriture, comme automédication contre le stress résultant de leur expérience traumatisante, et que ceci pourrait même engendrer une addiction à la nourriture.
Le risque d'augmentation de l'IMC et de diabète de type 2 est donc réel chez les femmes souffrant de SSPT, et il faudrait y remédier via un traitement adapté.