BPCO et vitamine D, des liens mal compris
Des exacerbations aiguës surviennent fréquemment lors de l'évolution de la BPCO et chacune d'entre elles amène très souvent une détérioration supplémentaire de la fonction pulmonaire, qui aggrave d'autant le pronostic vital du patient.
Le déficit en vitamine D est fréquent chez les patients BPCO et son rôle éventuel dans la genèse des exacerbations reste mal cerné.
Ce qui fait tout l'intérêt d'un travail italien qui s'est penché sur la relation entre taux sériques de vitamine D (25-OH), sévérité de la BPCO et fréquence des exacerbations.
L'étude a concerné 97 sujets BPCO dont les taux sériques de vitamine D ont été mis en rapport avec les données concernant la fonction pulmonaire, les comorbidités, le déclin du VEMS, les exacerbations et les hospitalisations qui avaient été documentées au cours de l'année précédant le dosage.
Au total, 96% des patients étaient déficitaires en vitamine D (< 30 ng/ml) et ce déficit était sévère chez 36% d'entre eux (> 10 ng/ml).
Les résultats n'indiquent pas de corrélation entre déficit sévère en vitamine D et sévérité de la BPCO ou déclin annuel du VEMS et en termes de comorbidités, seule l'ostéoporose est plus fréquente. Le déficit sévère est en revanche associé de façon indépendante et forte avec la fréquence des exacerbations et des hospitalisations, risques relatifs associés respectifs 30,5 et 3,83, p < 0,001 dans les deux cas. Pour les sujets ayant un déficit sévère, la probabilité d'être un exacerbateur fréquent et d'être hospitalisé pour exacerbation est respectivement 18 et 4,6 fois plus élevée que chez les sujets sans déficit sévère.
La nature rétrospective de l'étude ne permet certes pas d'affirmer un lien de causalité, mais cela n'empêche certainement pas de corriger tout déficit en vitamine D chez les patients BPCO.