Baby blues : pas homogène...
Si la dépression post-partum est bien reconnue, sa définition même reste controversée. L'une des raisons à l'origine de cette controverse est l'hétérogénéité des symptômes que peuvent présenter les mamans.
C'est pourquoi un groupe multidisciplinaire appelé PACT, Postpartum Depression: Action Towards Causes and Treatment (PACT) Consortium, a tenu à identifier les sous-types cliniques qui peuvent être rencontrés.
Les auteurs ont rassemblé les données recueillies auprès de 19 institutions dans 7 pays différents. En tout, ils ont ainsi pu réunir 17.912 cas. Les phénotypes ont été analysés par deux approches différentes afin d'évaluer la validité de la définition empirique de ces sous-types soit selon l'échelle d'Edimbourg (EPDS) soit en repartant des cas eux-mêmes.
En tout, 6.556 femmes ont pu être analysées grâce à l'EPDS, et 4.245, selon l'autre méthode. Les caractéristiques principales de cette dépression sont la sévérité, le moment de la survenue, l'apparition d'une anxiété et des idéations suicidaires. Les patientes ont été stratifiées selon la gravité de la maladie. Dans la classe 1, elles présentent les scores EPDS les moins élevés, en moyenne 10,5 ; la classe 2 présente un score moyen à 14,8 et celles de classe 3, 20,1. Sans surprise, les scores les plus importants sont associés aux troubles de l'humeur, à une anxiété importante, la survenue de symptômes durant la grossesse, les complications obstétriques et les idéations suicidaires. Dans la classe 2, 62% des femmes rapportent une survenue des symptômes dans les 4 semaines suivant l'accouchement et présentent également plus de complications que celles des deux autres classes.
Les chercheurs plaident donc pour qu'une distinction claire soit faite entre ces différents phénotypes permettant de mettre en place une prise en charge plus spécifique. Ils pensent également qu'une meilleure connaissance de ces phénotypes est essentielle pour des recherches génétiques et biologiques futures.