Les médiateurs du diabète de type 2 en cas de faible poids à la naissance
Des études prospectives antérieures ont montré qu'un faible poids à la naissance - indiquant une croissance foetale réduite - constitue un élément prédictif d'un risque accru de diabète de type 2 à un stade ultérieur de la vie. Quels biomarqueurs du diabète de type 2 ont été identifiés avec certitude comme jouant un rôle dans ce contexte en tant que médiateurs?
Pour répondre à cette question, les concentrations plasmatiques de différents biomarqueurs ont été mesurées chez 1.259 femmes diabétiques de type 2, puis comparées aux valeurs mesurées chez 1.790 femmes témoins incluses dans l'étude Women's Health Initiative-Observational Study. Les femmes ont été invitées à signaler elles-mêmes un faible poids à la naissance, une approche susceptible de donner lieu à des erreurs potentielles.
Biomarqueurs liés au diabète
Un faible poids à la naissance (<2,72 kg) était associé de façon significative à un risque plus que doublé de diabète de type 2 au cours de la vie (OR 2,15 ; 1,54-3,00), par rapport à un poids normal à la naissance (3,63-4,54 kg).
Le mécanisme sous-jacent à cette relation inversement proportionnelle reste inconnu. Bien que des modifications épigénétiques interviennent sans aucun doute au cours des premiers stades de la vie, les auteurs ont examiné les biomarqueurs éventuels liés au diabète.
La résistance à l'insuline, un élément qui relève du syndrome métabolique, constitue l'un de ces biomarqueurs. Chez l'animal, il a été démontré qu'une nutrition intra-utérine insuffisante entraîne une réduction du nombre d'îlots de Langerhans, une modification corrélée à son tour à une résistance à l'insuline plutôt qu'à une dysfonction des cellules bêta. La résistance à l'insuline pourrait expliquer jusqu'à 47 % de l'effet total sur le diabète de type 2.
La baisse de la concentration de SHGB (globuline se liant aux hormones sexuelles) et l'augmentation des taux de sélectine E seraient chacune responsables d'un quart de l'effet du faible poids à la naissance sur le développement du diabète de type 2.
Pression artérielle systolique
Enfin, l'hypertension relève également du syndrome métabolique. Une pression systolique élevée en cas de faible poids à la naissance (par rapport à un poids normal à la naissance) est un élément prédictif du développement du diabète de type 2. Une pression systolique élevée serait responsable de 8 % de l'effet total du faible poids à la naissance sur le diabète de type 2. En raison des interactions existant entre les différents médiateurs, la somme des effets de l'ensemble des médiateurs dépasse les 100 %.