FIV classique ou ICSI, les résultats américains
L'utilisation d'injections intracytoplasmiques de spermatozoïdes a fortement augmenté aux Etats Unis entre 1996 et 2012, en particulier dans des couples sans infertilité d'origine masculine. La technique ne semble toutefois pas donner de meilleurs résultats que l'infertilité soit d'origine masculine ou non.
L'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI ou intracytoplasmic sperm injection) est une technique qui semble de plus en plus utilisée chez des patients qui ne présentent pas de facteur masculin sévère d'infertilité. La supériorité de cette technique par rapport à la classique fécondation in vitre n'est cependant pas prouvée chez ces couples. Des chercheurs américains ont voulu faire le point de la situation en analysant les tendances et les résultats aux Etats Unis des cycles de FIV transférés sans congélation des embryons après une fécondation in vitro classique ou après une injection intracytoplasmique de spermatozoïdes en fonction des indications cliniques de cette dernière technique
ICSI, tendance à la hausse
Cette étude rétrospective basée sur des registres américains entre 1996 et 2012 comportait 1 395 634 cycles de fécondations in vitro sans congélation, dont 908 767 (65.1%) réalisés à partir d'une injection intracytoplasmique de spermatozoïdes. Parmi ces cas, une infertilité masculine était rapportée dans 35.8% des cas. Pour ce qui est des cycles réalisés dans des couples avec une infertilité d'origine masculine, l'utilisation de l'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes a augmenté de 76.3% en 1996 à 93.3% en 2012, en cas d'absence d'infertilité masculine, ces taux ont augmenté de 15.4% à 66.9% entre 1996 et 2012, des différences statistiquement significatives dans les deux cas (p<0.001).
Résultats légèrement inférieurs
Entre 2008 et 2012, une infertilité masculine était rapportée dans 35.7% des cycles obtenus sans congélation. Parmi ceux-ci, les cycles obtenus avec une injection intracytoplasmique de spermatozoïdes ont donné lieu à un plus faible taux de naissances multiples (30.9%) par rapport à la fécondation in vitro classique (34.2%). Pour ce qui est des cycles obtenus dans des couples sans infertilité masculine, l'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes a donné lieu à des taux d'implantation plus faibles que la FIV classique (23% contre 25.2%), à des taux plus faibles de naissances avec enfant vivant (36.5 contre 39.2), ainsi qu'à des taux de naissances multiples avec enfants vivants (30.1% contre 31.0%).